Sophie Thomas-Roubine:

 

Le Financement participatif - un autre regard sur la finance

On entend souvent dire que l’essentiel des créations d’emplois est aujourd’hui le fait de petites, voire de très petites entreprises et qu’il n’y a jamais eu autant de projets innovants ne demandant qu’à voir le jour dans les domaines les plus variés. Pourtant, avoir de bonnes idées et être créatif ne suffit pas toujours pour prendre son envol, surtout quand on sait qu’obtenir un prêt bancaire s’apparente parfois, dans ce cas, à un parcours du combattant...

Alors, comment faire se rencontrer des porteurs de beaux projets et des épargnants soucieux de donner du sens à leur contribution ? C’est tout l’enjeu du " financement participatif " ou " crowdfunding " en anglais (littéralement : " financement par la foule ").

Faire directement appel au public pour se financer – et pas seulement quand il s’agit d’une œuvre caritative -, n’est pas un concept nouveau : on rapporte ainsi que c’est grâce aux dons de milliers de particuliers sollicités par les médias de l’époque que la statue de la liberté a pu être construite... Mais c’est sans aucun doute à l’essor d’Internet et des réseaux sociaux que l’on doit le boom du financement participatif auquel on assiste depuis quelques années : par l’entremise de plateformes internet spécialisées, des porteurs de projets " bien ficelés " mais qui ont besoin d’un coup de pouce pour aboutir, vont pouvoir être mis en relation avec un grand nombre d’épargnants (les financeurs), qui ont envie de soutenir une initiative qui a du sens à leurs yeux. Parmi les motivations qui reviennent le plus souvent : " participer au développement de projets qui ne seraient pas financés par les banques " ou bien " contrôler l’allocation de mon épargne ".

Il s’agit d’un mode de financement que les spécialistes qualifient de " désintermédié " précisément car il se fait sans l’aide des intermédiaires financiers traditionnels que sont les banques.

On distingue schématiquement trois types de financement participatif :

1- Les dons avec ou sans récompense (donnant simplement, dans ce dernier cas, droit à un avantage fiscal) :

       parmi les campagnes de dons sans contrepartie, l’un des projets phares de la délégation régionale de la Fondation du Patrimoine concerne la réfection du temple de Saint Jean du Gard : coût total des travaux concernés (toiture, maçonnerie, menuiseries, peinture et restauration des sols) 300 240 € dont près de 61 000 € ont déjà été collectés,

       types de " récompenses " : un poster, l’abonnement à une newsletter permettant de suivre l’avancement du projet, le nom du donateur sur un générique de film, un DVD, un site internet, une ruche etc., un ou des exemplaire(s) de l’objet produit, une rencontre avec le responsable du projet, un repas ou un séjour à la ferme s’il s’agit d’une exploitation agricole, le parrainage d’un animal (agneau, chevreau...) avec choix de son nom et nouvelles régulières du filleul, etc...

2- L’apport de fonds par l’intermédiaire de prêts,

3- L’investissement dans des projets d’entreprises via la souscription de titres.

C’est ici sur une formule originale, le " don avec récompense ", moyen original, simple - et dans une certaine mesure ludique - de " donner vie aux bonnes idées " en faisant appel au plus grand nombre d’internautes (en vertu de l’adage bien connu " les petits ruisseaux font les grandes rivières "), que nous voudrions, ami lecteur du Grillon, " mettre un coup de projecteur ", car elle est loin d’être anecdotique.

 Concrètement,  comment ça marche ?

       Via une plateforme internet de " crowdfunding ", un porteur de projet présente son objectif et le montant de la collecte espérée de la manière la plus convaincante et la plus attractive possible pour les internautes : message d’accroche, vidéo, photos, description détaillée du projet, énumération des récompenses proposées selon le montant de la contribution... Une vraie campagne de marketing en quelque sorte ! Il pourra s’agir d’un projet entrepreneurial, artistique, culturel, environnemental, social, humanitaire... Pour ce type de financement, 49 % des besoins émanent de particuliers, 31 % d’associations et 18 % de petites entreprises.

       Une fois l’ensemble validé par les responsables de la plateforme, la collecte est lancée (avec annonce du montant visé) pour une durée limitée (les pics de collecte étant généralement enregistrés en début et en fin de campagne).

       L’internaute souhaitant soutenir un projet dont il a entendu parler - ou qui a simplement du sens pour lui - va faire un don. C’est l’occasion, au passage, de profiter d’une petite récompense sympathique et, au-delà, de suivre de près une véritable aventure entrepreneuriale.

       A la fin de la période fixée, si le total de la somme visée est atteint ou dépassé, la collecte est réputée réussie et le porteur de projet est aussitôt crédité par l’intermédiaire de la plateforme (qui prélèvera, au passage, un pourcentage de l’ordre de 6 à 8 % du montant collecté).

       Si le montant visé n’est pas atteint, l’opération est terminée et les donateurs automatiquement remboursés.

 Le don avec récompense en quelques chiffres

Plus de 40 millions d’euros ont ainsi été collectés en France en 2015. Le montant moyen collecté par projet avoisine les 3 600 €, le montant moyen par don est de l’ordre de 55€.

Enfin, le taux de succès des campagnes de collecte atteint environ 65 %

Source de financement alternative au crédit bancaire, ou, dans certains cas, " solution d’amorçage " susceptible d’être ultérieurement relayée, l’utilisation de ce type de plateforme dépasse en fait le seul volet financier : elle permet à qui sait en tirer parti - et c’est bien là la clef du succès - de mettre en œuvre une puissante campagne de marketing et fournit l’occasion de tester la future notoriété d’un projet ou d’un produit. Un moyen, en définitive, de se constituer, à travers les réseaux sociaux, une chaîne de partenaires fortement engagés dans l’aventure et qui pourront se révéler de véritables " ambassadeurs "!

 

la suite dans le Grillon papier de mai/juin 2016

 

 

Jean-Paul Escande : " L’euro, en sortir ou en guérir ? "

 Dans le courant du mois d’août, M Jean Paul Escande, ancien dirigeant de banque et lasallois de cœur depuis de nombreuses décennies, a donné une conférence au temple, organisée par le Club Cévenol, sur le thème de l’euro. Nous avons souhaité revenir sur cet important sujet et il a bien voulu répondre à nos questions.

Le Grillon : Jean Paul Escande bonjour, pourriez-vous nous rappeler quels sont selon vous les principaux avantages de l’euro, et revenir sur les nombreuses critiques qui lui sont faites ?

Jean Paul Escande : Bonjour. Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale les Etats Européens ont toujours cherché la stabilité monétaire pour protéger leurs monnaies des crises et éviter une forme de vassalité par rapport au dollar. C’est ainsi que nous avons connu le « serpent monétaire » au début des années 70, puis le SME c’est à dire le système monétaire Européen avec l’ECU. L’euro constitue l’aboutissement de ces politiques, et forme un véritable bouclier qui a protégé la France des graves crises économiques et financières que nous avons traversées. Il a facilité la circulation du commerce à l’intérieur de la zone euro (plus de barrières de change) et a permis de maintenir des taux d’intérêt très bas. Toutefois la France n’a pas profité de ce bouclier pour se moderniser et elle a laissé filer ses déficits de toutes sortes (ce qu’elle n’aurait pas pu faire si elle avait conservé le franc)

Des critiques majeures lui sont faites :

- d’abord l’euro aurait bridé la croissance par sa surévaluation par rapport au dollar ;

- ce serait ce que les économistes nomment une « monnaie incomplète » car l’euro n’est pas lié à la souveraineté d’un Etat (ce qui est le cas de toutes les monnaies) donc à une politique budgétaire et à un pilotage du taux de change unique.

- la zone euro est constituée de pays aux tailles et aux développements hétérogènes. Comme il n’existe pas de mécanismes forts de compensation, à la différence par exemple de l’Etat fédéral américain, et que les pays ne peuvent pas dévaluer, les inégalités de développement s’accentueraient.

Voilà des critiques fortes qui parfois oublient les avantages de l’euro pour la France.

Le Grillon : Certains préconisent la sortie de l’Euro : dans quelles conditions cette sortie pourrait s’imaginer et serait-ce pertinent ?

Jean Paul Escande : Tout d’abord, si l’euro fait l’objet de nombreuses critiques de la part de différents milieux économiques et politiques en France,  personne, hormis le Front National, ne préconise une sortie totale qui serait une porte ouverte à l’aventure. Ce dont il est le plus souvent question c'est :

- soit d’influer la politique de la zone euro et de la Banque centrale européenne (indépendante de par ses statuts). Mais la France, en raison de sa situation économique, n’a plus le pouvoir d’influence qu’elle a connu dans le passé.

- soit de remplacer la monnaie unique par une monnaie commune : selon ce schéma l’euro serait maintenu pour les échanges avec les autres pays Européens et l’international, et on reviendrait au Franc pour les échanges intérieurs. De fait cela entraînerait  une dévaluation de l’ordre de 20% par exemple, ce qui serait censé redonner de la compétitivité aux entreprises françaises. Le problème est que le coût des importations, d’énergie notamment, augmenterait immédiatement de 20% alors que personne ne peut dire, compte tenu de la dégradation de l’appareil productif français, si ce surcoût pourrait être compensé par une hausse des exportations. Et de toute façon, le décalage (hausse immédiate du coût des importations et hausse différée des exportations) génèrerait un accroissement du déficit commercial. Il ne faut pas oublier les conséquences sur la dette française (publique et privée) qui augmenterait sans doute dans les mêmes proportions ! Au total il y aurait nécessité d’un plan de rigueur, hausse des taux d’intérêts etc. J’ajoute que si la France s’engageait dans la voie d’une dévaluation compétitive, très probablement d’autres pays Européens pourraient l’imiter, ce qui risquerait de provoquer l’éclatement de la zone euro et le retour aux errements du passé et à la guerre des monnaies soumises aux spéculations des marchés.

Le Grillon : Alors, quelles pistes pour une amélioration ?

Jean Paul Escande : Beaucoup proposent de rendre la zone euro plus fédérale avec un pilotage plus cohérent et peut-être mieux maîtrisé par les pays noyaux durs de l’Europe. Cela pose à l’évidence des problèmes de souveraineté : jusqu’où les pays, et notamment la France, acceptent-ils d’aller dans cette voie ? De toute façon il nous faut retrouver le chemin de la compétitivité et impérativement poursuivre le redressement des équilibres fondamentaux de la France ! Investir dans l’industrie, dans la recherche, moderniser l’appareil productif français, favoriser la politique de l’offre. Songez par exemple qu’aujourd’hui, accroître la demande alors que notre capacité de production n’est pas en mesure d’y répondre, entraine inéluctablement une hausse des importations et donc aggrave le déficit commercial. Pour moi tout est dit dans le rapport Gallois qui suggère les réformes nécessaires (certaines sont mises en œuvre) pour redonner de la compétitivité à nos entreprises.

 Sortir de l’euro n’est pas la solution car cela se traduirait par une incontournable politique de véritable austérité, ce que ne nécessite pas une politique de réformes ambitieuses conduites fermement et progressivement. En fait l’Europe peine à trouver une identité collective mobilisatrice et c'est ce qui se traduit dans les débats actuels.

Propos recueillis par Frédéric Bourguet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 La réforme territoriale et son impact sur notre région

 

En juillet le Parlement a voté la loi portant sur la nouvelle organisation de la République (loi « NOTRe » : Nouvelle Organisation Territoriale de la République), qui vient compléter les récentes lois créant les 13 nouvelles métropoles et réduisant le nombre de Régions qui passent de 22 à 13. L’objectif de cet arsenal juridique est de simplifier et clarifier les rôles des différentes collectivités locales,  en spécialisant les compétences et organisant une coordination de l’action des différents échelons.  Un deuxième objectif immédiatement lié vise à réduire la dépense publique en ces temps de disette budgétaire. Objectifs ambitieux donc, surtout quand on sait le poids des lobbys des élus locaux, qu’il s’agisse des maires ruraux, des présidents de départements ou de ceux des régions, chacun cherchant naturellement à défendre les intérêts de la collectivité qu’il représente. 

Les principaux points de la réforme

·                  La clause de compétence générale supprimée : jusqu’ici les départements et les régions avaient le droit d’agir dans tous les domaines, au nom de l’intérêt public local. Désormais chacun aura son pré carré, sans possibilité d’empiéter sur les compétences de l’autre. Seule la commune conserve cette compétence générale, sauf pour les compétences qu’elle a déléguée à la communauté de communes.

·                  L’économie aux Régions : elles auront seules la responsabilité d’accorder des aides directes aux entreprises et seront l’acteur majeur pour la formation professionnelle, l’aménagement du territoire et l’environnement.

·                  La solidarité aux départements :  ils continueront d’assurer pleinement le versement des aides sociales (aides aux personnes âgées, RSA, prestation handicap,..) et ils conservent également les collèges et la voirie départementale en compétences affectées. Ils sont également chargés d’assurer appui et expertise auprès des communes et intercommunalités.

·                  Le renforcement de l’intercommunalité : depuis 2014 toutes les communes sont tenues de faire partie d’une intercommunalité (communauté de communes, communauté d’agglomération ou rattachement à une métropole). A partir de 2017, afin de renforcer leur pouvoir, ces entités devront compter un minimum de 15000 habitants contre 5000 aujourd’hui, avec des adaptations possibles pour les zones les moins peuplées. Par ailleurs les intercommunalités auront en compétences obligatoires, et donc en lieu et place des communes, la gestion des déchets, le tourisme, l’accueil des gens du voyage, et à partir de 2020 la gestion de l’eau et de l’assainissement.

Cela étant, la mesure visant à faire élire les conseillers communautaires au suffrage universel direct à partir de 2020 a été abandonnée; de même une minorité de blocage sera suffisante pour s’opposer au transfert des Plans locaux d’urbanisme (PLU) à l’intercommunalité.

L’impact sur notre région ...

la suite dans le Grillon papier de septembre/octobre 2015

Frédéric Bourguet






ATELIER DE POTERIE

 

                               

Silvia Triebel  


 

A l'entrée de Lasalle, la rue de la Baraque s'anime d'un nouvel atelier de Poterie au numéro 32 exactement.


 

Depuis le mois d'avril Silvia Triebel a installé dans un local spacieux, en rez-de-chaussée, son atelier, fours, tour et accessoires. Sur des étagères sèchent, des pichets, des bols et divers objets plus particulièrement destinés aux arts de la table. D'autres attendent l'émaillage avant une nouvelle cuisson. Ceux terminés, joliment disposés, sont prêts à décorer vos tables et ravir vos convives.

 

                 

 

Silvia est née en Allemagne dans la région de Thüringen près de la Bavière dans une nature luxuriante et boisée ; après avoir suivi des études d'Histoire et de Littérature elle a obtenu un CAP de poterie.

       

A l'occasion de vacances en France, dans les années 2000, elle a rencontré un potier qui lui a donné envie

de se remettre à la terre et là le déclic s'est produit ; elle a compris que c'était dans cette direction qu'elle voulait aller : ressentir le contact de la terre, la transformation de cette masse d'argile en créant un objet esthétique et utile.

Le travail de la terre est une école de patience, il faut être en communion avec elle et être à son écoute.

 

Après une formation de potier à la poterie Christophe Pichon à Saint-Quentin-la-Poterie puis dix années à travailler à Uzès et ailleurs en France, elle s'installe à Sumène en partageant un atelier avec une autre potière où elle tourne, donne des cours à différents publics, enfants, adultes. Son chemin personnel l'amène à Saint-Bonnet-de-Salendrinque où elle vit actuellement. Elle décide donc de s'installer dans son propre atelier/boutique et trouve un local à Lasalle.

         

La terre d'argile rouge qu'utilise Silvia vient d'Allemagne. Tout en étant fine et rustique elle permet un tournage ou un modelage d'une grande finesse et précision, permettant de créer une vaisselle pratique à un prix abordable.

Après cuisson cette terre est très résistante, même au gel, puisque vous trouverez des objets de décoration pour vos jardins.

 

Vous pouvez retrouver Silvia lors de différents salons, marchés de potier dans la région et dans sa boutique/atelier où elle travaille sauf le mercredi.


 


Silvia Triebel                                                                                                                                     Micheline Wollès

32 rue de la Baraque

Lasalle

0618469050

- LA FILATURE PAULHAN : UNE RENAISSANCE ? –

 

Il y a quelques mois les Procès Verbaux du Conseil Municipal laissaient une large place aux discussions relatives à la vente de la Filature Paulhan. Depuis quelques semaines une certaine animation règne dans ce bâtiment : du matériel est stocké au rez de chaussée, la ferronnerie Prunonosa et « Fabaron le Cévenol » ont déménagé ou vont le faire….

Le Grillon a voulu en savoir plus et a rencontré un jeune entrepreneur : Sébastien Béchard.

 

Le Grillon :

Vous êtes Chef d'Entreprise et vous allez vous installer sur Lasalle. Pouvez-vous vous présenter ?

 

Sébastien Béchard :

Depuis trois ans je cherchais à investir dans un nouveau local dans les environs de Quissac. Je ne pensais pas arriver dans les Cévennes, mais les circonstances m’ont amené jusqu’à Lasalle où j’ai acheté l’ancienne Filature Paulhan. Je suis fils d’agriculteur, je préfère les villages aux grandes villes et je suis attaché au patrimoine local. Je n’ai pas l’intention de défigurer le village avec des tôles ondulées.

 

Le Grillon :

Qu’allez-vous faire dans ce bâtiment ?

 

Sébastien Béchard :

Tout d’abord je prévois de le restaurer en conservant l’esprit des lieux. Les structures sont saines mais il faut refaire le toit et les fenêtres aux dimensions d’origine. Et le bâtiment est grand !

Au rez de chaussée le sol doit être relevé de un mètre pour répondre aux règles concernant la zone inondable. Je me réserve une partie des surfaces pour mes entreprises, le reste peut être affecté à d’autres activités comme des formations à l’informatique.

 

Le Grillon :

Quel nom allez-vous donner au bâtiment et quelles activités allez-vous développer ?

 

Sébastien Béchard :

Dans un premier temps nous avions évoqué le nom de « Magnanerie » mais cela ne parait pas adapté. Rien n’est arrêté pour l'instant.

A l’heure actuelle j’ai deux entreprises qui œuvrent dans l'aluminium et la lumière. Par suite de l’insolvabilité de quelques clients importants j’ai pris le parti de demander le redressement judiciaire pour les deux entreprises. Ceci m’a permis d’apurer la situation et de repartir sur de nouvelles bases avec les entreprises actuelles.

L’une, TLS Presta, assure une prestation de location de matériel de sonorisation et d' éclairage. Nous intervenons sur le littoral méditerranéen dans de nombreux spectacles autour du cheval et de l'humour (exemple « Les Chevaliers du Fiel »). Je souhaite développer cette activité dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres autour de Lasalle.

Je vais aussi proposer du matériel pour les animations : nous restaurons un vieux carrosse et nous cherchons une vieille voiture type 11 Citroën…

Le Siège de la Société sera maintenu à Codognan, où nous sommes déjà implantés, avec deux personnes. Du matériel sera stocké à la Filature et une personne assurera une permanence à partir du 1° juin.

 

Le Grillon :

Parlez-nous de l’autre entreprise.

 

Sébastien Béchard :

La société TLS Illum produit des accessoires en ferronnerie d’aluminium pour des décorations de Noël, et nous intervenons sur l’ensemble de la France dans les communes et les Centres Commerciaux. Son Siège sera transféré à Lasalle. Les créations en aluminium sont décorées de lumières et d’accessoires en plastique, mais nous voulons évoluer en utilisant aussi de la cire d’abeille, du tissu, du verre ou de la pierre…

Pour la ferronnerie nous formons entièrement nos spécialistes, à partir de soudeurs sur aluminium par exemple. Nous pensons embaucher une vingtaine de salariés en contrats annualisés bien que la production soit très saisonnière. Pour les décorations nous embauchons des « petites-mains » avec des horaires très souples et qui peuvent convenir à des mères de famille qui ont des enfants à l’école.

L’atelier de fabrication des supports sera à terme au rez de chaussée, et à l'étage, dans la grande salle, nous aurons l'assemblage, la décoration et un "show-room". Je souhaite que cet espace soit largement ouvert au public. Je prévois d’aménager à l'entrée une zone d’accueil où l’on pourra se reposer et avoir des boissons.

 

Le Grillon :

Cette activité demande beaucoup de créativité ; qui s’en charge ?

 

Sébastien Béchard :

C’est principalement mon rôle, mais je travaille avec une petite équipe " maison ". Chaque projet peut donner lieu à plusieurs prototypes. Pour certaines demandes nous sommes les seuls à pouvoir faire des propositions, et nous avons plusieurs prospects qui attendent nos offres.

 

Le Grillon :

Parlez nous un peu de calendrier.

 

Sébastien Béchard :

Dès le 1° juin nous proposerons nos services dans le cadre de la société TLS Presta, spécialisée dans la location de matériel technique pour tout type de manifestation, à partir du comptoir de la Filature. Nous pouvons aussi apporter de l'assistance.

D'ici la fin de l'année nous aurons refait le toit du bâtiment afin de le sécuriser au plus tôt. La remise en état des fenêtres est prévue pour le courant de l'année 2015. Ensuite nous pourrons installer l'atelier de ferronnerie et nous commencerons à lancer des productions en aluminium.

Tout ceci en assurant la maitrise de notre développement ; je souhaite garder une dimension artisanale et familiale avec beaucoup de souplesse d'adaptation. Les appels d'offres sont déjà lancés et les choses avancent ; nous souhaitons faire travailler des entreprises locales mais la taille du bâtiment et la volonté de conserver sa beauté initiale imposent des contraintes.

J'ai reçu beaucoup d'encouragements de plusieurs organismes, mais je n'ai obtenu aucune aide publique.

 

Depuis l'entretien que le Grillon a eu avec Sébastien Béchard l'activité location de matériel a bien démarré au 1° juin. Le nom retenu pour le bâtiment est "La Filature".

En lançant le développement de deux petites entreprises, tout en restaurant l'un des édifices les plus emblématiques du Val de Salindrenque, la barre est haute pour ce jeune entrepreneur. Nous lui souhaitons bon courage et pleine réussite.

 

Alain Chevallier

 

 

Il ne sert à rien d'opposer " manuel " et " intellectuel ", bien moins encore de hiérarchiser l'un par rapport à l'autre : on le voit très bien dans le domaine un peu particulier des métiers artistiques, il y a toujours un rapport étroit entre l'idée et la main, l'une guide l'autre, et réciproquement ! A-t-on jamais vu un peintre qui ne maîtrise pas son geste ? Un sculpteur qui ne " sent " pas ce que la pierre lui communique à travers son toucher ? A-t-on jamais écouté un musicien qui ne conduit pas simultanément la ligne musicale qu'il a en tête et le mouvement qui lui permet de l'exécuter ? Mais, en dehors de métier d'art, les mêmes rapports existent entre le " savoir-faire " et le " savoir-penser ".

 

Il faut parfois savoir regarder autrement les gestes les plus quotidiens pour en mesurer la complexité et deviner l'habileté qui les guide. C'est évident pour les métiers de l'artisanat :

  • Un peintre en bâtiment doit investir l'espace avec méthode, finesse et trationnalité : décroutage, remplissage, nettoyage, sous-couche, peinture avec, à chaque fois, le geste " juste " parce qu'économe de ses forces, efficace dans le contexte où il est exécuté et donc maîtrisé quant à son résultat... Devant " l'exécution juste " du geste, il est facile de mesurer combien vos tentatives " bricolées " sont efficientes faute d'apprentissage et de réflexion adaptée.

  • Mais il en est de même dans beaucoup de domaine dits " manuels " :

  • débroussailler, élaguer, couper du bois, entretenir des murs de pierre et maintenir ainsi l'espace naturel dans des dispositions favorables à l'habitat humain ...

  • cuisiner : préparer un menu, approvisionner des ingrédients, organiser la cuisine, découper des légumes et viandes, prévoir la succession des cuissons et sauces etc.

  • travailler la terre : quelle que soit la spécialité (éleveur, vigneron, maraîcher...) la variété des opérations à articuler sur l'année développe obligatoirement des compétences multiples,

  • beaucoup de métiers combinent évidement la pratique manuelle et la réflexion, l'un nourrissant l'autre chaque jour pour augmenter les compétences de ceux qui les exercent.

 

Comment se fait-il, dans ces conditions, que le travail dit " manuel " soit socialement dévalorisé dans le parcours scolaire ? Passe ton bac d'abord : un bac général bien sûr ! Mais à quel moment avons-nous eu l'occasion de l'apprentissage du rapport à la matière, celle qui résiste, qui dialogue avec l'outil, pour lui donner forme et nous donner forme en retour ? Beaucoup d'entre nous se trouvent en fait, l'âge adulte venu, amputés d'une part de leur potentiel. Quelques types écoles s'en font une spécialité : parallèlement aux matières classiques, elles offrent des ateliers (menuiserie, couture, cuisine etc.) L'Education national peut sans aucun doute faire état d'expériences dans ce domaine mais ce n'est pas son fond de doctrine, sauf dans l'enseignement dit " technique ".

Mais l'école fait-elle tout ? L'Etat doit-il être le seul moteur de la construction personnelle ? Comment, nous, qui " faisons société " en vivant dans un même lieu transmettons-nous à ceux qui pourraient y trouver de l'intérêt le goût de découvrir le savoir-faire manuel ? Moment magique ! Bonheur si vif qu'il est presque unique : se trouver face à l'objet qu'on à soi-même "inventé" : ce peut être un meuble, des légumes au jardin ou les " oreillettes " cuisinées pour une fête ! Qu'importe ! La satisfaction vient du fait de constater concrètement qu'on peut le faire : on l'a fait ! On est donc un peu plus grand, plus habile, plus content de soi. Quand on recommence, plaisir renouvelé : on a appris de ses hésitations et de ses erreurs, on ré-envisage autrement le processus et on produit du " nouveau " avec le même projet.

 

Aussi nous vous invitons à nous faire part de vos expériences en la matière : un message (legrillondescevennes@wanadoo.fr) et nos venons transcrire votre rapport au métier qui est (ou fut) le vôtre (sans citer votre nom si vous ne le souhaitez pas). En attendant voici une première notice, pour vous donner l'envie de participer.

 

Michelle Sabatier (archives d'avril 2013)

 

Vannier, c'est un métier

Vannier, c'est un métier : propos de vannier

 

˝ J'ai toujours été manuel : bucheron, forestier, maçon, maraîcher, saisonnier... Ce qui m'a attiré dans la vannerie c'est un ensemble un peu complexe de recherche de vie simple, un peu nomade. Je fais partie des vanniers qui ont appris sans école. Il y a 150 vanniers enregistrés en France, dont un quart est passé par l'école1, les autres ont appris en autodidacte, en copiant des objets... On rencontre des " maîtres " dans les fêtes, les foires, les salons qui sont une source d'inspiration. Sinon il y a les bouquins et même une revue2. Je pratique autant la forme traditionnelle, que la forme créative : c'est très stimulant de s'intéresser à de nouveaux objets. Je fabrique, je crée, je cultive l'osier et j'enseigne aux amateurs sous forme de stages3. C'est quatre métiers en un : artisan, paysan, enseignant, commerçant.

 

L'osier est surtout vendu pour la décoration mais aussi pour des usages particuliers : la boulangerie, la manutention, l'agencement de magasins, l'ameublement. Je le cultive en Bretagne mais je m'intéresse à une possibilité de maraîchage au bord du Gardon. J'utilise surtout l'osier brut sans préparation(ni écorçage ni épluchage), naturel et issu de culture biologique (" osiériculture ") surtout pratiquée dans les régions de Haute Marne, Touraine), ou bien l'osier sauvage. Car il a beaucoup de traitements chimiques sur l'osier qui en déprécient la qualité. Sur l'osier brut, quand on prend l'écorce à pleines mains, on est en contact direct avec les produits phytosanitaires. Il y a dix espèces d'osiers différentes (famille du saule) et près d'une cinquantaine de variétés. Il est coupé en hiver, trié par taille puis mis en végétation artificielle : on le décortique éventuellement quand la sève remonte au printemps. Le trempage de l'osier (pour qu'il retrouve sa souplesse avant de l'utiliser après deux mois de séchage) ce n'est pas le plus agréable, surtout l'hiver en eau froide !

 

Il y a eu des " hauts-lieux " de la vannerie comme Vanabrègues (30)4, spécialisés dans l'osier blanc pour l'arboriculture fruitière du Rhône. Ici on travaillait plutôt le châtaignier que l'osier. C'est difficile de ne vivre que de ça : on est en-dessous du smic à 6 ou 8 € de l'heure. Historiquement, les vanniers ont toujours été très pauvres, en dessous même des journaliers. Je suis auto-entrepreneur, inscrit au registre des métiers sinon je ne pourrais pas vendre officiellement. Le travail sur les marchés c'est mitigé : d'un côté c'est plaisant, de l'autre ça peut être difficile quand il y a surtout des badauds l'été... Le plus motivant ce sont les foires spécialisées, ou un peu orientées sur une thématique locale : comme la " Fête de la châtaigne " à Lasalle, ou bien la " Foire aux produits de terroir " à Montoulieu. ça sélectionne des gens plus intéressés. ˝ 

Michelle Sabatier

Diega Bennica sur le chantier
Diega Bennica sur le chantier

Dans la série " Métiers " : Restauratrice en peinture et décoratrice

 (extrait de l'article consacré à Diega Bennica, suite dans Le Grillon du mois de Septembre 2013)

 

L'actualité estivale de Lasalle nous amène à évoquer la restauration des peintures murales (peintes à la chaux sèche)1 de l'église, à travers un " métier d'art ", qui croise par définition l'habileté manuelle, la réflexion et de sens artistique.

 

En 1864, l'église avait été rénovée (elle date de 1687) quand Louis Zaffreya, grâce aux dons de deux congrégations, entame la création des peintures qu'il poursuivra jusqu'en 1869 2. Louis Zaffreya se serait inspiré pour concevoir les thématiques du décor peint du travail d'Hippolyte Flandrin, élève d'Ingres, dans l'église Saint-Paul de Nîmes. Le chantier dont nous voyons l'aboutissement aujourd'hui commença en 2006. Les peintures murales du choeur avaient été très dégradées à la suite des travaux de couverture des fossés du côté nord et est de l'église (infiltrations, salpêtre). La pose de gouttières, la modification de la dalle du fossé et son aération ont permis d'assainir les murs et de poser un enduit à peindre. La première tranche de travaux fut suivie, en 2008, de la restauration de la première travée . L'année 2013 a vu leur achèvement.

 

Retrouvez Diega Bennica dans le Grillon (septembre 2013) et sur son blog.

 

Le " berger-éleveur " ovin

Dans la suite de la série " Métiers manuel ", l'expérience d'un berger-éleveur : c'est à dire d'un éleveur qui garde ses bêtes et les conduit sur les parcours. Chaque expérience est unique, en fonction de la personnalité qui la vit, mais, en même temps, elle contient les spécificités d'un coeur de métier dont les contours sont chaque fois un peu différent.

'ai été imprégné dans l'élevage depuis l'âge de 5 ans, j'étais toujours dans les jambes de mon voisin, avec son troupeau ! Mais, quand même, quand j'ai fait mon stage à la bergerie du " Merle " dans les Bouches du Rhône ça m'a beaucoup apporté car ce n'était pas du tout l'élevage qu'on pratiquait ici : un autre contexte, un troupeau de Mérinos avec une démarche de sélection (les cahiers à tenir, l'organisation de la lutte...). Pendant huit mois ça a été pour moi un monde nouveau : un troupeau de 2000 bêtes !

 

Aujourd'hui on sort des lycée agricole avec de bonnes connaissances théoriques (sur la production, les rations à donner etc.) mais il manque l'application, l'expérience. Moi j'avais déjà un peu d'expérience : le maître berger m'a confié un troupeau de 300 bêtes. Ils transhumaient dans les Alpes et le directeur de l'école voulait me prendre comme berger transhumant salarié. Mais j'ai préféré m'installer par ici.

 

C'était en 68, nous étions une quinzaine de stagiaires, dont les trois quarts venaient de la ville, et voulaient faire un retour à la nature : alors j'ai découvert aussi un autre monde sur ce plan là. Mais des " néos ", il y en avait ici et ils ont apporté aussi une autre vision, pour ceux qui ont réussi à tenir. 

 

La suite dans le numéro de juin du Grillon

Le maréchal-ferrand

Tout gamin je voulais être " fermier " et j'avais surtout la passion des animaux. J'étais en échec scolaire, je n'aimais pas ça. Mais mon père voulait que je fasse des études. Lui, il avait été mis à la mine à 14 ans. Il m'a offert un cheval quand j'ai eu douze ans et j'ai vu, pour la première fois, un maréchal-ferrant.

 

C'est ce qui a décidé de mon métier. Pourtant ma famille n'y croyais pas, même plusieurs années après que je me sois mis à mon compte, il y en a qui ne croyaient toujours pas que ce soit un métier ! Il faut dire qu'à la génération précédente, ceux qui m'ont appris le métier étaient de véritables pionniers car le métier de maréchal avait failli disparaître. Même au collège, on n'avait pas pu me renseigner pour savoir comment l'apprendre. J'ai trouvé moi-même un CFA à 16 ans et je suis entré en apprentissage chez un patron. Cela fait maintenant 24 ans !

 

La suite dans le numéro de mai du Grillon

Maçon

" Je suis " maçon " avec une spécialité " pierres sèches " je dirais que mon métier s'intitule " bâtisseur en pierres sèches " mais je fais aussi toutes sortes d'autres maçonneries car le marché n'est pas encore assez développé pour ne faire que cela. En Provence ils se font appeler " muraillers " mais c'est trop restrictif il me semble car il s'agit de murs bien sûr (de terrasses, de soutènement, de clôture) mais aussi de dallages, de calades, de cabanes...

Je suis arrivé ici voici 40 ans à peu près et j'ai fait des petits boulots comme on faisait à l'époque : j'avais déjà travaillé un peu dans la maçonnerie après avoir largué les études. Ma mère me disait toujours : " si tu ne travailles pas bien à l'école tu deviendras maçon ou plombier ! " et ce n'était pas un compliment ! J'ai fait ça comme j'aurais fait autre chose : c'était l'occasion. Mais quand j'ai commencé à " toucher " la pierre (le schiste), et le châtaignier, j'ai senti que je venais de trouver ma voie. A l'époque on faisait de moins en moins de murs en pierres, plutôt sable et ciment. C'est seulement dans les coins difficiles d'accès qu'on faisait appel, en fait, à des paysans du coin, qui avaient conservé le savoir-faire. Bien souvent c'était le grand-père qui transmettait au petit-fils : l'un avait la force physique et l'autre le sens du travail à exécuter. Car autrefois tous les paysans entretenaient leurs murs eux-mêmes à la morte saison.

Mais finalement ce n'est pas si compliqué que ça à acquérir : il faut un peu d'intuition, de l'apprentissage et apprendre de ses erreurs. Quand le mur tombe il faut comprendre pourquoi : est-ce que les pierres n'ont pas été mal croisées, est-ce que l'épaisseur est sous-dimensionnée, ou bien le " fruit " pas assez accentué etc. On affine son savoir-faire avec l'expérience. Mais pour débuter c'est facile : en une semaine tout le monde (homme ou femme, vieux ou jeune) peut comprendre ce qui fait la solidité d'un mur et, quand on a bien compris ça, le reste vient avec la pratique : l'habileté, l'autonomie dans le travail etc. Ce qui est difficile c'est quand on est seul confronté à ses erreurs. C'est pourquoi il faut mieux faire un apprentissage avec d'autres personnes.

Au début je faisais exactement comme les anciens : il m'arrivait même de leur poser beaucoup de questions mais on me répondait " empile et puis voilà, ne pose pas tant de questions " ! En somme on faisait ça un peu en marge, en " clandestin " parce que le client comme le maçon prenait un risque de n'être pas dans le " modèle dominant ".. Et puis peu à peu la demande s'est vraiment développée pour un travail qui respecte le caractère du patrimoine construit et le mette en valeur. Il y a de plus en plus de gens qui pratiquent la pierre sèche mais on ne l'apprend pas encore dans les CFA : mais ça va venir. Ca a vraiment basculé avec le Parc national des Cévennes : grâce à leurs gardes, sur le terrain, qui avaient repéré pas mal de gens qui savaient travailler la pierre sèche. Il nous ont réunis et poussé à oeuvrer ensemble : avec le support d'un organisme officiel on devenait davantage légitimes. On se rendait compte en même temps qu'on n'était pas les derniers à faire ça, qu'il y en avait d'autres. On a pu échanger entre nous sur les valeurs que ça représentait : les murs de soutènement en pierres sèches sont mieux drainants, plus efficaces, plus solides. Et ils sont beaux. Et ils représentent un patrimoine... On a fait des démonstrations dans les villages : la mayonnaise a pris.

Le deuxième grand pas a été fait quand l'école nationale des travaux publics de Lyon s'est intéressée à la question. Ils ont voulu faire des essais grandeur nature pour mesurer la résistance des murs. Alors on a fait des murs expérimentaux : exprès pour les faire s'écrouler. Et ils ont travaillé avec nous sur les facteurs de souplesse et de solidité : les frottements, les recouvrements, les boutisses etc. Ca a changé notre manière de bâtir : aujourd'hui on peut faire la différence entre les murs " d'avant " et les murs " d'après " l'étude de l'ENTPE ! Et on progresse encore.

On fait aussi des formations : le ministère, voyant qu'il y avait une " niche " qui pouvait être valorisée du côté de la création d'emplois, nous a poussé à écrire les règles techniques pour faire un outil présentable : un " guide des bonnes pratiques des constructions des murs de soutènement en pierre sèche ". Ca a débloqué pas mal de choses du côté des donneurs d'ordre et des assurances et le marché a commencé à s'ouvrir.

L'ABPS a aussi rédigé une charte qui est une sorte de déclaration d'intention : pourquoi la construction en pierre sèche allait disparaître, pourquoi on y revient aujourd'hui etc.

Quarante ans après je n'ai pas de regrets d'avoir choisi cette voie et il y a maintenant de l'avenir dans ce métier. Ce n'est jamais la même chose, chaque geste doit être réfléchi, tout dépend :

  • des matériaux : la pierre, la lauze, le châtaignier, les enduits à la chaux...

  • des différents types d'ouvrages,

  • et on profite de la vie au grand air (d'où les travaux d'intérieur pour les jours de froid !).

Tous les maçons qui travaillent dans la rénovation ont du boulot mais même si on ne gagne pas des fortunes, on se régale vraiment dans le travail. "

 

Michelle Sabatier (Archives Avril 2013)

 

 

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