DOSSIER:

 

 Centre d'interprétation du Galeizon: un lieu de mouvement

  « Biosphera » : la rupture au cœur de l'histoire

 « Biosphera » (du grec « bios », « vie » et « sphaîra », « globe ») a mis au centre de son parcours la succession des ruptures et leurs conséquences sur la société rurale, avec qui la nature avait partie liée : non seulement à travers les « services écologiques » qu'elle sait rendre, mais aussi par le contact vital, viscéral, via la transmission familiale et l'imprégnation quotidienne dans le milieu naturel, par la médiation des savoirs et savoir-faire ancestraux et le vécu collectif. Pourtant, sans que nous en ayons conscience, nos interactions avec la nature continuent d'être multiples, y compris à l'intérieur de notre propre corps !

 Guerres et paix

 Autour du « pilier » du changement le parcours muséal de Biosphera évoque les deux sources qui façonnent, chacune à leur manière, la vallée du Galeizon :

 - d'un côté l'Histoire, depuis les temps anciens, avec ses aspects économiques, culturels, techniques, sanitaires et sociaux, ses périodes de paix et ses guerres...

- de l'autre les éléments naturels, organisés à travers la force démiurgique et vitale qui a donné forme aux paysages, qui a nourri végétaux, animaux et populations et rendu possibles les projets humains (habitat, agriculture, élevage, industrie) : le réseau hydrographique du Galeizon.

 

Côté pile: les interactions hommes/nature dans l'histoire

Plus de 40 000 ans de présence humaine sur le territoire ont tôt signé de leur empreinte la transformation de la végétation : dès le Néolithique (7 000 à 2 500 ans avant Jésus-Christ) le chêne vert s'étend aux dépens du chêne blanc, accompagné des bruyères, arbousiers, genévriers et pins. C'est que le pâturage des ovins conduits par les préhistoriques, et un réchauffement du climat, favorisent leur présence.

- A l'Age du Bronze (de 3000 à 1000 av. J.-C.) ici vers 2800/2000, des grottes aménagées en sépultures et des roches gravées par milliers témoignent de cette présence humaine illustrée par les objets offerts à la découverte : tombes à caissons (montagne du Mortissou), crânes, silex, céramiques, perles, outillages lithiques (en pierre) sont les vestiges de cette société naissante.

 - Trois siècles avant J-C les Volques arécomiques (peuples celtes originaires de la région du Danube) ont fondé Nemausus (Nîmes) : l'agriculture, l'élevage, la transhumance se développent, laissant en héritage le tracé des « drailles » et les noms qui évoquent les troupeaux en marche (« pausadou », « ayres »…). Deux siècles avant J-C, une première « crise » voit la conquête romaine et l'alliance des conquérants avec les Volques arécomiques contre les Arvernes. Cendras héritera à ce moment d'une « villa gallo-romaine » (à l'emplacement de l'actuelle abbaye) entourée de vignes, oliviers, céréales mettant en valeur la grande plaine irriguée bordant le Galeizon (et née de ses dépôts alluviaux).

 - Pendant vingt siècles à partir de cette conquête, un mouvement de fond va déployer la châtaigneraie (qui remplace la chênaie), avec des vergers, des prairies, des parcours, les terrasses, les béals, les drailles, une alternance de périodes d'ouverture de la végétation (défrichements, cultures) ou de fermeture (prédominance de la forêt telle que nous la connaissons aujourd'hui). Les drailles anciennes deviennent des chemins commerciaux, nombre de noms de lieux prennent le suffixe « argues » (désignant « le lieu où l'on est ») : amphores, poteries, mosaïques, monnaies en témoignent dans les vitrines.

 - Trois siècles après JC l'invasion wisigothe (peuple germanique venant de la région de la mer Noire) profite du déclin de l'empire romain : deux siècles plus tard, les cultures des habitants et des envahisseurs ont fusionné mais une baisse démographique et économique marque la fin de l'Antiquité et le début du Moyen-Age. Les voies antiques secondaires sont abandonnées.

 - Entre l'an mille et le milieu du XIVe siècle : défrichement, cultures et constructions de terrasses suivent les nouveaux entrepreneurs que sont les moines des abbayes, qui ont véritablement bâti le terroir cévenol actuel. Celle de Cendras, créée au Xe siècle verra son apogée au XIIe avec près de quatre-vingt moines qui suivent la règle de St Benoît en pratiquant la vie autarcique. Au XIIIe siècle, première trace d'une transaction autour du « charbon de terre » des Cévennes dont un gisement est affermé par l'abbaye. Il servira à alimenter en énergie les forges (fer et cuivre), les fours à chaux et les plâtrières...

 - A partir de 1337 c'est la guerre de Cent ans et la peste (1348) d'où : forte baisse démographique, abandon des cultures et reforestation.

 - De 1450 à 1700 : l'étendue des cultures de châtaignier augmente pour en valoriser le bois et le fruit conservé par clédage, avec l'élevage des porcs, moutons, chèvres et vers à soie qui va prendre de l'ampleur au XVIe siècle. Forges et martinets (moulins à fer) se développent grâce à la présence des minerais, à l'énergie hydraulique et au charbon de bois de chêne. Cette période de croissance (déjà !) est illustrée par des objets tels que les faisselles, pompons, cloches de troupeau, paniers et des maquettes (clède, roue de moulin, béal...)

 - A partir de 1561 les Cévennes sont majoritairement protestantes, il s'en suit des guerres civiles auxquelles l'Edit de Nantes met fin. Mais il est révoqué en 1685 : la guerre des Camisards est déclenchée en 1702. Cavalier, le principal chef camisard, capitule en 1704. En 1709, nouvelle crise, d'origine écologique celle-là : un gel exceptionnel terrasse la châtaigneraie... Disette, reconversion : le mûrier est planté en quantité.

 - Entre 1700 et la fin du 19e siècle, la sériciculture et les mines de charbons (autour du bassin houiller d'Alès, d'autres minéraux ailleurs...) deviennent les piliers de l'économie. La ville de La Grand-Combe est créée en 1848. En 1958 il y a 20 000 mineurs dans le bassin d'Alès. En témoignent ici les échantillons de charbon, casques, maquettes, lampes ainsi que les cocons de vers à soie, bobines de fil de soie, boite à « graines » (œufs)....

 

Coté face: au milieu coule une rivière, le Galeizon

 

 

...la suite dans le Grillon papier de mars/avril 2017...

 

Michelle Sabatier

 

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 Dossier:

   Aperçu sur le fonctionnement et le rôle des places de foires

 

 D'après Daniel TRAVIER

 Les foires ont joué un rôle majeur pour l’économie agropastorale. C’est sur les foires que se réalisaient les échanges commerciaux liés aux productions agropastorales, mais pas seulement. Elles ont été un creuset relationnel, un lieu de rencontres et d’interaction qui, bien au-delà des stricts  échanges commerciaux, ont sociabilisé ce monde rural isolé de l’agropastoralisme.

 L’établissement des foires et des marchés a été un droit seigneurial, puis un droit de la couronne de France. Leur institution était motivée par des considérations d’abord économiques. Ces rassemblements de marchands et d’acheteurs donnaient un surcroit d’activités dans la vie locale. Ces marchés publics étaient très fréquentés, car l’autorité royale qui les avait institués avait aussi accordé des franchises, exonéré les marchands de certains droits et taxes. En effet les droits multiples existants faisaient obstacle au commerce en général. Leur exonération, au moins partielle, sur les foires, rendaient ces dernières très attractives. La foire de la Madeleine à Beaucaire se tenant du 21 au 28 juillet, qui était une foire de renommée internationale, est restée franche de tout droit, totalement exonérée jusqu’au milieu du XVIIe siècle.

 Les communautés d’habitants représentées par leurs consuls, multipliaient les démarches auprès de la cour royale pour la création de nouvelles foires. En revanche les communautés voisines, pourvues en foires, tentaient d’en limiter la création dans leur aire d’achalandage. La question des foires n’a pas manqué d’attiser les rivalités entre communautés voisines.

 Les marchandises qui s’achètent et se vendent sur les foires

 « L’ensemble des productions, sauf les cocons de vers à soie, peuvent être commercialisées aux marchés et aux foires. Certaines le sont accidentellement, d’autres le sont plus régulièrement comme les châtaignes vendues aux foires d’automne. Néanmoins, la foire est plus le lieu de régulation des économies familiales qu’un lieu d’échange réglé entre producteurs spécialisés. Une quantité de métiers s’y trouve aussi représentée : tels les savetiers, les marchands de cadis, de tissus, les étalages enfin de tout ce qui n’est pas produit au sein du groupe restreint et qui demande une connaissance et des matériaux spécifiques »1.

 ⁃  Objets domestiques : ustensiles de cuisine en fonte, bronze, cuivre, étain, fer-blanc… ; des poteries pour la conservation et la consommation des aliments : des contenants, de la vaisselle de terre et de faïence… ; de la verrerie de toute sorte. Dans le domaine domestique il y a aussi des artisans qui pratiquent sur la foire même comme l’étameur ou estamaïre, qui étament les cuivres, restaurent les étains et refondent régulièrement les couverts d’étain.

 ⁃  Des articles de colportage : livres, bimbeloterie, lunettes… Pour ce qui est des livres il s’agissait d’almanachs profanes ou religieux mais aussi de la littérature religieuse notamment protestante que combattait le clergé catholique comme le montre le mandement de l’évêque de Mende publié à l’occasion du carême de 1838 : « Nous avons la douleur d’apprendre qu’il circule, en ce moment dans notre diocèse, une Bande de colporteurs émissaires des sociétés bibliques. Nous savons que, sous les dehors d’une piété fausse et hypocrite, ils débitent, à vil prix, et offrent même de donner gratuitement des Bibles falsifiées et tronquées, des livres impies et immoraux et des gravures obscènes. Nous engageons nos chers coopérateurs [les prêtres] à prémunir leurs paroissiens contre les dangers de ces productions infernales, à se faire remettre les exemplaires qui pourraient se trouver dans leurs paroisses et à les détruire immédiatement 2»

 ⁃  Des outils notamment de la taillanderie (fabrication d'outils).

 ⁃  De l’artisanat y compris paysan. Ainsi sur les foires d’Alès on trouve des vanneries en éclisses de châtaignier, faites par les paysans, à la veillée et au cours des journées d’hiver de mauvais temps. Les gens de la vallée du Galeizon, de Mandajors et St-Paul-la-Coste en particulier, s’étaient fait une solide réputation dans ce domaine.

 ⁃  Des textiles : Les textiles ont longtemps tenu une place de choix sur certaines foires. Il y avait les tissus venus d’ailleurs qui étaient vendus dans les Cévennes comme les cotonnades, les indiennes, les rouennaises… mais aussi les productions lainières des Cévennes à commencer par la laine en suint.

  ⁃  Des denrées agricoles notamment des grains et des châtaignes mais aussi toutes sortes de légumes et de fruits suivant les saisons comme les prunes reines-claudes des hautes vallées ou les cerises de Sauve qui étaient exportées dans de petites corbeilles spécifiques.

 ⁃  Des plants de jardinage que les jardiniers des basses Cévennes vendaient sur les foires aux paysans qui ne faisaient pas nécessairement de semis.

 ⁃  Les productions d’élevages ovins, bovins, caprins, porcins (porcs gras ou porcelets)… ainsi que les animaux de trait ou de somme : bœufs, mulets, ânes, chevaux… le tout occupant un espace d’importance, le champ de foire ou fièiral. Tous ces animaux étaient parqués au moyen de claies de bois appelées casts.

 ⁃  Les peaux de chevreaux, lapins et sauvagines : c’était le chiffonnier, fataïre ou pelhaïre qui achetait aux paysans ces différentes peaux séchées, retournées et tendues par un brin d’osier, d’abarina. Il circulait dans la foire égrenant sa litanie : « Pelharo, pelharo… pèls des lèbras et pèls de lapins e maï la car y seguesse dedins »…

 ⁃  Différentes transactions s’y faisaient aussi comme le paiement des fermages (aux foires de la Saint Michel autour du 29 septembre), ou l’embauche de travailleurs saisonniers.

 

 ...la suite dans le Grillon papier de novembre / décembre   

 

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 Dossier:

 

  Le Parc national des Cévennes

  

 Souvenez-vous, dans les années 70 les inscriptions « Non au Parc » fleurissaient un peu partout dans nos Cévennes, y compris à Lasalle au fronton d’un transformateur électrique ... Le Parc à son origine suscitait des craintes dans la population locale, mesures coercitives ou réglementations excessives étant particulièrement redoutées. Autant que je me souvienne cette hostilité dura quelques années puis on en entendit moins parler. Alors aujourd’hui le Parc... c’est quoi ?

 

Créé en 1970, le Parc a profondément évolué à la suite de son accession en 1985 au classement dans le réseau mondial des Réserves de biosphère, puis avec la loi de réforme des Parcs Nationaux en 2006 et enfin avec le décret de 2009 qui a permis de finaliser la délimitation du Parc et d’unifier son périmètre avec un établissement public gestionnaire de l’ensemble Parc-Réserve de biosphère.

 

•     Aujourd’hui le Parc c’est d’abord un territoire, composé d’environ 150 communes dont 55 constituent le cœur du Parc, les autres étant situées dans « l’aire d’adhésion » à cheval sur les départements du Gard et de la Lozère. Un territoire rural de moyenne montagne, faiblement peuplé (75 000 habitants en 2006) mais qui connaît un certain regain démographique depuis une dizaine d’années avec des nouveaux arrivants majoritairement actifs.

 

•     Le Parc c’est ensuite une équipe d’environ 80 collaborateurs, un budget de l’ordre de 8,5M€ financé exclusivement par l’Etat.

 

 

 

Ce budget sert à financer le fonctionnement du Parc mais aussi à dégager des moyens financiers pour aider les communes, voire les particuliers. Les communes du cœur du Parc bénéficient de dotations annuelles et celles de l’aire d’adhésion peuvent obtenir des subventions ponctuelles mais surtout profiter de l’ingénierie du Parc, de son accompagnement et de sa dynamique. Au seul plan touristique par exemple, s’afficher comme commune membre du Parc constitue un atout de notoriété et de qualité non négligeable. Par ailleurs développer « l’esprit Parc », avec les valeurs que cela véhicule (tourisme durable, authenticité, terroir, produits locaux..) est parfaitement adapté à la demande touristique actuelle. Par exemple le bureau de l'Office du tourisme Aigoual-Cévennes de Lasalle est équipé d'un relais d'information du PNC.

 

 

la suite dans le Grillon papier de juillet /août 2016

 

                    

Dossier:

Trois végétaux marqueurs d'identité

 

 Le châtaignier, arbre traditionnel des Cévennes, dont les forêts font partie de notre paysage cévenol depuis plus d’un millénaire, est un « marqueur » d’identité cévenole. Mais ce n’est pas le seul élément identitaire en Cévennes. Il en existe bien d’autres. Citons-en quelques-uns sans vouloir être exhaustif : les bancels, les clèdes, le pélardon, les oignons doux, … sans oublier les arbres hors forêts sur lesquels j’aimerais m’arrêter.

 

Ces arbres hors forêts font partie de notre quotidien, ils nous entourent : arbres isolés dans un champ, arbres ornementaux sur une place de village, arbres d’agrément dans un jardin ou un parc, arbres constituant une allée, arbres en bordure de rivière, arbres délimitant des parcelles, arbres témoins marquant le souvenir ou la mémoire, arbres fruitiers dans les vergers, arbres repères, vignes et treilles.

.Le mûrier, arbre témoin d’une activité économique disparue, a remplacé partiellement le châtaignier au lendemain du terrible hiver de 1709. Il a contribué à l’enrichissement du village avec ses filatures et le commerce de la soie. Cet apport de richesse a modifié le paysage urbain avec l’agrandissement et l’embellissement des maisons, la construction de belles demeures permettant de recevoir les industriels lyonnais et agrémentées de jardins avec des cèdres majestueux, des haies de bambous, des buis et quelquefois des palmiers. Ces arbres constituent des marqueurs sociaux soulignant la réussite économique locale.

 

Le cèdre est aussi un marqueur de l’histoire du village, avec le Bosquet du Souvenir et ses 94 cèdres à la mémoire des Lasallois morts pour la France durant la Grande Guerre.

 

Le platane est également très présent. Arbre d’embellissement mettant en valeur le château de Calviac ou de St Bonnet avec leur majestueuse allée de platanes centenaires. Arbre d’agrément sur la place de Lasalle avec ses platanes taillés en "têtard" apportant une ombre bienfaitrice l’été. Arbre de la mémoire avec le platane de la liberté en face de la Mairie.

 

De nombreux autres arbres pourraient être cités comme l’érable, le marronnier, le frêne qui borde la Salindrinque, le noyer avec le superbe champ de Foucard, le Micocoulier cultivé à Sauve et St Hippolyte du Fort pour faire des fourches… Ils constituent tous des marqueurs sociaux-culturels, économiques ou de paysage, et montrent aussi l’importance de l’identité dans la dynamique de développement d’un territoire.

 

Luc Meilhac

 

    Le châtaignier, histoire et culture

 

Daniel Travier, conservateur du Musée des Vallées cévenoles de Saint Jean du Gard, est venu à Lasalle parler du châtaignier, lors de la Fête de la châtaigne.

 

Le châtaignier est un marqueur indélébile du temps et de l'espace cévenol. Près d’un millénaire durant, sa culture a été déterminante pour l’homme : elle est omniprésente là où la nature le permet.

 

Le Châtaignier fait partie de la famille des fagacées dont il existe de nombreuses espèces. Dans les Cévennes c’est le Castanea Sativa. Sa présence est conditionnée par le sol qui doit impérativement être acide (granit, schiste ou grès) et par le climat. L’altitude limite du châtaignier en Cévennes se situe autour de 800 m ce qui correspond à l’isotherme 0° du mois le plus froid.

 

Ce sont quelques 130 variétés de châtaigniers qui ont été cultivées dans les Cévennes gardoises et lozériennes : Marron Dauphine, Pellegrine, Coutinelle, Barbue, Figarette … Dans les années 60, l'INRA a sélectionné des hybrides pour lutter contre les maladies : la Bouche de Bétizac (Castanea sativa et Castanea crenata),  la M15 ou Marigoule …

 

Châtaigne ou marron ?

 

Ne pas confondre avec le fruit du Marronnier d'Inde, arbre d'ornement introduit au XVIe siècle. Mais " marron " est aussi l'appellation d'une châtaigne dont la peau intérieure (tan) ne cloisonne pas le fruit, ce qui permet de le garder entier à l'épluchage. Lorsque moins de 12 % de la production d’un arbre est cloisonnée, il appartient à une variété dite marron : Marron Dauphine …

 

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la suite dans le Grillon papier de mars/avril 2016

 

 

Dossier: Le Pacte pastoral

 

Les troupeaux partis en transhumance au printemps dernier sont redescendus en septembre vers leurs quartiers d'hiver : pour la plupart d'entre nous, c'est juste un moment un peu particulier dans l'année, comme une fête et le signe de la fin de l'été. On peut monter le long de la "draille", on marche en tendant l'oreille car on sait qu'on entendra le troupeau venir de très loin, d'abord un bourdonnement léger et bientôt un nuage de poussière que le vent soulève. Mais il faudra patienter car les brebis marchent à leur pas, endurant déjà plusieurs heures de descente dans les cailloux, parfois assoiffées par les chaleurs estivales qui ne cessent pas. Quand le troupeau est là, et que le berger l'arrête sur un « pausadou » (reposoir) pour une petite halte, les bêtes se rassemblent et se serrent, la tête des unes à l'abri sous le ventre des autres, faisant corps d'un seul bloc. Seules quelques audacieuses vont venir quémander une friandise au berger. Toutes s'immobilisent pour quelques minutes dans le silence et c'est seulement quand la marche reprendra qu'on verra se déployer leur longue file, qui croise interminablement les marcheurs venus à leur rencontre.

On peut s'arrêter à cette image de l'agropastoralisme. Mais c'est le reflet d'une réalité beaucoup plus profonde et complexe. Un mirage qui cache une forte régression de l'élevage ovin depuis quelques décennies : les témoignages locaux attestent que, les temps venus, des troupeaux se succédaient voici quelques années, de manière ininterrompue, une ou plusieurs journées durant, à travers les villages comme Lasalle, Colognac, etc. Et surtout ce spectacle cache une transformation de l'identité des Cévennes, tellement profonde que les « vieux cévenols » encore parmi nous s'étonnent de ne pas reconnaître le pays qui les a vus naître et grandir.

Certes, le monde change, la société change, les Cévennes aussi changent. Mais devons-nous tout laisser filer sans nous poser de question quant aux conséquences d'un « non agir » qui est d'abord du « non pensé » ?

Le classement des Cévennes par l'Unesco

Le classement des Causses et des Cévennes par l'Unesco au titre de « paysage culturel de l'agropastoralisme méditerranéen » a été l'occasion de réfléchir à ce que recouvrait cette notion (cf. http://cevennes-unesco-salendrinque.jimdo.com/).

L'agro-pastoralisme repose sur un système d’élevage qui utilise en grande partie les ressources végétales spontanées pour le pâturage, de façon extensive (parcours extérieurs des animaux), soit sur l’exploitation même, soit dans le cadre de la transhumance.

S'y ajoutent, dans les Cévennes, la production de fourrages pour les troupeaux et d'autres types de productions qui couvrent toute une palette d'activités non délocalisables parce que directement issues du terroir :

-la culture des oignons en terrasses (AOP "Oignons doux des Cévennes"),

-la production et la transformation des châtaignes (AOP en cours),

-l'horticulture et le maraîchage,

-la conservation et la transformation des fruits (noix, noisettes, amandes, pommes, poires, raisins, cerises, framboises, cassis, mûres, gratte-culs, etc), 

-la production de fromages : vache, chèvre (AOC Pélardon), brebis, et de charcuteries,

-l'apiculture et ses dérivés sucrés (pâtisseries au miel),

-l'exploitation de la ressource en bois (chauffage, piquets).

Au-delà des produits actuels, il faut prendre en compte aussi l'héritage du passé pastoral :

-les terrasses de cultures, les aménagements hydrauliques, les chemins muletiers, sentiers et « calades » (sentiers empierrés), les murettes, les clèdes (séchoirs à châtaignes), moulins, abris, bergeries, sources etc. dont l'entretien est un véritable investissement touristique, au moins dans un périmètre raisonnable autour des villages, des voies de circulation et des itinéraires de randonnées,

-le patrimoine architectural traditionnel (mas, hameaux, villages) et la « leçon de choses » qu'il donne aux bâtisseurs contemporains quant à son adaptation au relief, au climat, aux usages, son respect de la « juste mesure » (proportions, volumes), toutes caractéristiques qui fondent le caractère intrinsèque du paysage cévenol parvenu jusqu'à nous

la suite dans le Grillon de novembre/décembre 2015

 

 

Michelle Sabatier

 

 

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                    Automne 1914 - Lasalle sans médecin.

 

 

          Face à la Guerre, la mobilisation a pour conséquence l’absence, sur Lasalle et son canton, de ses deux médecins. Le conseil municipal se trouve devant une «urgence». Dès l’automne 1914, il prend donc la décision de faire appel à un médecin extérieur pour pallier ce manque.

 

          Le 7 Février 1915, le conseil municipal réuni sous la présidence de Louis BESSEDE, Maire, assisté de Jules COURRENT (adjoint) et des conseillers : Adolphe GREVOUL, Antoine THEROND, Louis SALLES, Ernest DESHONS, Elie PEREDES, Gustave SOULIER, Louis PANTEL, David MARTIN, Charles HEBRARD, Eugène ROSSEL, Albert PUECH, Aimé VOLLE, Louis BOURGADE, David DURAND, confirme cet engagement… «Comprenant l’utilité d’un docteur dans le canton, alors que d’autres régions sont sans médecin»...

 

          C’est donc un jeune pharmacien d’origine russe ( né à Bérésowka le 11 Novembre 1881 ), étudiant en médecine à Paris, le Docteur Isser SEILINGER qui a été sollicité pour venir s’installer à Lasalle... «Moyennant le versement d’une somme mensuelle pour sa nourriture et son logement»... et pour appuyer la démarche, le conseil municipal demande le transfert du dossier de cet étudiant de la Faculté de Médecine de Paris à celle de Montpellier, afin qu’il puisse y passer son dernier examen car ... «un voyage à Paris prendrait trop de temps et une interruption prolongée du service nuirait beaucoup trop à l’Établissement pour Militaires Convalescents, qui devrait être fermé»... ? (Cette structure «Etablissement d’ACM» est tombée dans l’oubli, mais elle a bien existé au cœur du village et elle a fonctionné pendant toute la durée du conflit grâce à la compétence du docteur SEILINGER.

 

          Le Docteur SEILINGER est resté à Lasalle plusieurs années avec son épouse et leur fille Hélène, née à Lasalle le 15 Décembre 1914, jusqu’à la démobilisation des médecins lasallois. En 1916, malgré son travail, il publia un livre «Contribution à l’étude du cancer primitif et intrinsèque (non vatérien) du duodénum». Il continua sa carrière en France et nous le retrouvons en 1942, dans la région de Grenoble, à l’origine de la création d’une antenne de l’OSE (organisation de secours aux enfants) [1]avec Madeleine KAHN. Arrêté le 30 Juin 1944, il fut déporté à Auschwitz et y mourut le 5 Juillet 1944 à l’âge de 63 ans.

Son nom est gravé au Mémorial de Yad Vashem.

 

                                                                                  Maurice FIGUIERE.

 

Sources : Archives municipales.

                Histoire de l’OSE.

                Livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation.

                Archives personnelles.



[1]   Association juive créée le 28 octobre 1912 par des médecins juifs de St Pétersbourg en Russie. Elle a sauvé plus de 5000 enfants pendant la Seconde Guerre  Mondiale et a été reconnue d'utilité publique en 1951. Elle est toujours active dans ˝ le respect des valeurs humanistes juives et dans le respect de la laïcité ˝selon ses propres dires (site internet www.ose-france.org)

 

  1.  

A Lasalle, un Établissement d’ACM.

                                       (assistance aux convalescents militaires).

 

- Association née en Août 1914.

 

- But de l’association :

          «Dès le début de la Guerre, dès que le Front dût évacuer, sur l’arrière, des blessés et des malades, des esprits éclairés et généreux se préoccupèrent du sort qui attendait ces blessés et ces malades entre le moment où, n’ayant plus besoin de soins chirurgicaux et médicaux, ils quitteraient les formations sanitaires et le moment où, ayant entièrement récupéré leurs forces, ils pourraient rejoindre le dépôt de leur Corps et se préparer à repartir sur la ligne de feu»... (Extrait).

 

          Le 1 Septembre 1914 (parution au journal officiel du 25 Août 1914), fut créée l’Œuvre d’Assistance aux Convalescents Militaires (rattachée au Ministère de la Guerre). Le département du Gard faisait partie de la XV Région.

          Dans beaucoup de villes, de villages, dans des hôpitaux, des sanatoriums, des villas, des châteaux, etc., se créèrent des établissements de convalescence pour militaires ...«ce sont en général de petites structures d’une vingtaine de lits de convalescents dans de petits villages et souvent ce sont des particuliers qui en sont à l’origine»...

 

          A Lasalle, l’Établissement comprenait 20 lits. Comme il fonctionnait sous forme associative, il avait un bureau : le Président était Monsieur TEULON–LATOUR, les Directrices : Madame MOUCKERGUES et Madame GRAWITZ, les Trésorières : Madame de MARVEILLE de Calviac et Monsieur Louis GIBELIN et les Collaborateurs : Monsieur le Docteur SELINGER et Monsieur VERDEIL, pharmacien.

          Cet établissement a été créé à l’automne 1914 et on comprend très bien le souci de la municipalité de ne pas interrompre le fonctionnement et les soins apportés aux convalescents. Il était situé au lieu-dit «villa Paulhan», sur le parking de l’usine, mais qui était un verger à cette époque. Cette villa existe toujours et son aspect extérieur a peu changé et le bâtiment est très reconnaissable.

 

                                                                                            Maurice FIGUIERE

 

 

Sources : Livre d’Or de l’Assistance aux convalescents Militaires – XV Région ( 1916 ).

                Archives personnelles.

  

 


  

 

 

 

Ce que les noms nous disent des lieux

 

La toponymie (étude linguistique des noms de lieux du point de vue de leur origine, de leur transformation dans le temps et de leurs significations) est à la fois une science, avec ses spécialistes, et une tentation à laquelle il est difficile de résister tant on aimerait faire dire aux noms de lieux les secrets qu'ils renferment ! C'est cette tentation qui s'exprime dans la "toponymie" populaire très révélatrice de ce que la culture locale "entend" dans les noms prononcés.

 

Plusieurs auteurs, depuis de nombreuses années, se sont intéressés aux noms de lieux des Cévennes, Paul Fabre est l'un d'eux, qui a le mérite d'avoir publié un ouvrage court et accessible : "Dictionnaire des noms de lieux des Cévennes" (160 pages, Ed Bonneton, 2009) où il sait reconnaître le doute, s'il existe, entre plusieurs origines et même l'ignorance, quand on ne peut conclure. Il a le bon goût, en outre, d'expliciter dès l'abord la méthode qu'il emploie et qui repose sur trois démarches rigoureuses : "recherche des formes anciennes du nom de lieu, réflexion critique sur ces formes, application à ces formes des lois de l'évolution historique" (1).

 

L'avantage immédiat, si le résultat est parfois surprenant, c'est qu'il nous dévoile, quand c'est possible, la date d'apparition dans les textes des premiers noms d'un lieu donné, que ce nom procède du gaulois, du latin ou du germanique, rarement des racines dites "pré-indoeuropéennes" où, d'après lui, les hypothèses de travail l'emportent sur la certitude.

 

Lors de cette première apparition, nous avons une forme ayant encore été peu transformée par l'usage, notamment par son passage obligé dans la langue occitane puis en français. Exemple : Aigoual, sous la forme Aigoaldi, employée en 1228, révèle d'après Paul Fabre qu'il ne s'agit pas du nom occitan de l'eau (aiga, du latin aqua) mais d'un nom de personne germanique, Aigold de aig, venu du gotique aigan, posséder. Les descendants de aqua ne développent pas de "w" après le "g". Aiguebelle ou Aiguebonne par contre sont bien composés avec aiga complété de l'adjectif bèla (belle ou abandante) ou bona (bonne).

 

Un court voyage dans la Salendrinque, fait d'emprunts dans le dictionnaire de Paul Fabre, nous donne quelques aperçus sur la toponymie locale :

 

Airolle(L') ou Ayrolle, (Saint-Félix de Pallières) : de l'occitan airòla, petite aire ou espace découvert.

 

Asclier(col de l') (Soudorgues) : de l'occitan ascla (latin : assula) : fente, crevasse.

 

Beauvoir(Soudorgues) : "nom tiré du sentiment inspiré par le site", à la différence de l'étymologie populaire (rapprochement de deux mots qui se ressemblent alors qu'ils n'ont pas la même origine), ce "sentiment" est la désignation d'un lieu par son caractère apparent.

 

Borie(La) (Lasalle, Soudorgues, Monoblet) : de l'occitan bòria, ferme, domaine agricole.

 

Bousanquet (Colognac) : sobriquet à partir de l'occitan bosanquet, nabot, homme petit, bamboche.

 

Bousquets (Les) (Soudorgues) : de l'occitan bòsc, bois, ou du nom de famille germanique Boso.

 

Cabane(La) (Vabres) : de l'occitan cabana (latin : capanna) "cabane, hutte de chasseurs, cave à fromage".

 

Caderle(Sainte-Croix de Caderle) cf. Villa Caderila en 890, Sancta-Crux-de-Caderlio en 1384 : probablement nom de domaine gallo-romain.

 

Can (La) ou Cam (Monoblet, Sourdorgues) : le féminin "la" renvoie à l'origine gauloise calmis (plateau rocheux sur une montagne) et non pas au latin campus (champ).

 

Colognac: cf. Colonhacum en 1384, nom de domaine gallo-romain, du nom d'homme latin Collonius et suffixe -acum, latinisatin du gaulois -acos.

 

Combettes (Les) (Lasalle) : de l'occitan comba (du gaulois cumba), combe (creux ou petite vallée).

Coste(La) (Sourdorgues) : de l'occitan còsta, latin costa, "côte, penchant de montagne".

 

Coulet(Le) (Colognac) : de l'occitan colet, petite colline, ou petit col tandis que "Coulette" viendrait de couler, colar en occitan.

 

Currières (Les) (Thoiras) : sans doute un nom de famille du nom d'homme latin Curius et suffixe -aria qui devient -ièra en occitan et se francise en ière (ier au masculin).

 

Durfort: cf. Duro-Fortis en 1281, soit deux adjectifs pour nommer une forteresse réputée imprenable mais le premier pourrait bien être le gaulois duno (forteresse, hauteur) tombé dans l'attraction du mot latin durus (dur).

 

Fage(La) : de l'occitan faja (latin : fagea, de fagus : hêtre, fau en occitan). Même origine pour Fageas.

 

Horts(Les) (Soudorgues) : de l'occitan òrt venu du latin hortus, jardin potager.

 

Lafoux(Soudorgues) : de l'occitan fos, fontaine.

 

Lalle(Saint-Félix de Pallières) du nom de famille Alle, ou de l'occitan ala, "halle, maison rustique spacieuse".

 

Lasalle: cf. G. de Sala en 1256 et Ecclesia de la Salle en 1274, de l'occitan sala, "résidence seigneuriale" venu du germanique seli (en allemand saal, chambre, château. "Sala" est aussi un mot prélatin qui nomme les cours d'eau (Salendre) mais ce sont deux origines différentes qui ne véhiculent pas le même sens.

 

Loubière: de l'occitan lobièra lieu fréquenté par les loups (de lop, latin : lupus) et suffixe -ièra (du latin -aria). De très nombreux écarts et lieux-dits portent ce nom qui est également un nom de famille.

 

Marcassargues (Sainte-Croix de Caderle): du nom d'homme latin Marcassius et suffixe -anicis.

 

Mazelet(Le) (Thoiras) : de l'occitan maset, petit mas, petite métairie à ne pas confondre avec : Mazel (Le), de l'occitan masèl (du latin macellum), abattoir.

 

Mercou (col du) (Sourdorgues) : à rattacher à Mercoire, nom d'homme ou de divinité.

 

Moina(Le) (Soudorgues et St Félix de Pallières) probablement nom de famille Moinat, sobriquet à partir de l'ancien occitan moine (mouyné).

 

Monoblet: cf. Sanctus Johanes de Monoguleto en 1320, Monogletum en 1384, obscur (pas d'explication).

 

Mourier(Le) (Soudorgues) de morièr, amorièr, mûrier.

 

Nogarède(La) (Vabres) : de l'occitan nogareda, lieu planté de noyers.

 

Parro(La ) (ou Paro) de l'occitan parran ou parro : jardin, enclos.

 

Poujade(La) (Colognac) : de l'occitan pojada, montée.

 

Rimbal(Lasalle) : nom de famille Rimbal(d) du germanique Ringbald (de ragin "conseil" et bald "audacieux").

 

Roussarié (La) (Ste Croix de Caderle) : sobriquet tiré de l'occitan ros, roux.

 

Saint-Félix de Pallières cf. Villa que vocant Patellaco en 959, Sanctus-Felix-de-Paleria en 1384, de pal (pieu) du latin palus, digue formée de pieux, ou dérivié de palha (paille du latin palea) lieu où l'on conserve la paille.

 

Salindres (La Salindrenque ou Salendrinque) formes nées à partir de "Salendre" (vallée de la Salendre) : nom de la rivière augmentée du suffixe -enca, issu de la base sala qui désigne de nombreux torrents de montagne.

 

 

Salve-Plane de l'occitan selva (latin silva, forêt) et adjectif plana, plate.

 

Serre(Le) (Soudorgues et Lasalle) : occitan sèrre "chaînon de collines" (Alibert) mais aussi "sommet de forme allongée, contrefort de montagne" (Mistral).

 

Solier(Le) (Lasalle, Monoblet) : de l'occitan solièr (latin : solarium) "terrain exposé au soleil" mais aussi soupente, grenier à foin (restant ouvert au midi).

 

Soudorgues cf. Sardonicae en 1146, de Sordonicis en 1178 : du nom d'homme latin Sardus ou Surdus (parent avec Sarde).

 

Soulatges : cf. Solaticis en 1345, de l'occitan solatge, dépôt, sédimentation, vase, mais aussi : redevance (terre soumise à l'impôt).

 

Puisse ce petit parcours linguistique en terre salendrinque vous faire "goûter" les lieux sous un éclairage révélateur !

 

Michelle Sabatier,

grâce à la collaboration de Paul Fabre.

 

(1)     Paul Fabre, qui tient une rubrique mensuelle dans la revue Cévennes-Magazine, est également l'auteur de "Noms de lieux du Languedoc, introduction à la toponymie", Ed. Bonneton (490, rue Yves Chavin, BP 14, 37310 Tauxigny).

 

Michelle Sabatier

Dans les fermes autour de Cornély

 

Nous publions ci-dessous un témoignage de M. Walter Soulier qui fait partie de l'histoire du village.

 

Il y a 70 ans, le 16 Juin, les allemands attaquent Cornely. Mr Elie Cerret (fermier de Rieumal) était occupé dans sa prairie, où se trouve actuellement la gendarmerie, lorsqu'il a vu le convoi allemand arriver ; il s'est enfui par la rue Basse. Il a rejoint sa ferme par des chemins détournés. Il s'est caché dans sa cuve à vin. Ne se sentant pas en sécurité, il est allé dans le pallié de Fernand Soulier. Entre temps les allemands sont entrés dans Rieumal et ont pris la fermière Mme Marcelle Cerret qu'ils ont amenée au rond-point de Cornély où elle a dû assister à l'exécution du gendarme Favède. Ensuite elle fut conduite sous le mur de la route où avaient été amenés les habitants de la ferme de la Baraque qui s'étaient cachés dans la cave en attendant que les tirs cessent. Parmi eux les fermiers Auzilhon : le père la mère et les deux filles aînées 15 et 16 ans, les propriétaires Soulier, père mère et fils ainsi que des amis venus en visite dont Melle Vallord et le pasteur Séguy.

 

Pendant ce laps de temps passé sous ce mur, des coups de feu en provenance du Serre droit (en face) tirés sur les assaillants, blessèrent Mme Cerret au genou, mais sans gravité, et Jean Soulier (le fils) qui a dû subir plusieurs opérations et en a souffert toute sa vie. Une des filles Auzilhon, Hélène a déclaré avoir vu passer quelque chose devant ses yeux. Les otages furent ramenés à la ferme La Baraque et là menacés d'être fusillés. C'est grâce au pasteur Seguy, qui parlait l'allemand, qu'il a pu obtenir leur libération.

 

Ils sont montés à la Devèze où ils ont fait sortir les occupants et les obligèrent à s'aligner contre le mur devant la porte. Il y avait là Mr Otge, sa femme, les fermiers (mon oncle et tante par alliance) ainsi qu'une dame juive qu'ils hébergeaient. C'était Mme Rochtemberg, la mère de Jacques (cité dans le grillon de juin). Ils ont fouillé la maison, posé de nombreuses questions à chacun. Ils furent étonnés de ne recevoir aucune réponse de Mme Rochtemberg, qui était secouée de spasmes, de tremblements. Ma tante a répondu à l'officier : vous impressionnez tellement cette personne qu'elle ne peut pas parler. Sans plus insister ils se retirèrent. (peut-être vu leur âge ?..).

 

Les allemands sont retournés à Rieumal et ont mitraillé les portes à mi-hauteur (une armoire conservée par la famille en porte encore les traces). Ils ont pillé la maison emportant le linge, la vaisselle, l'argenterie et les bijoux de famille. Ils ont tué les deux cochons et les ont emportés. La famille Miermont, habitant derrière, s'est enfermée mais personne n'y est allé. Les Aubaret, le père 80 ans et sa fille, qui habitaient la ferme du château ont eu leur maison incendiée ainsi que Cornély. Ils ne se sont pas rendus au Chalet.

 

Pendant le déroulement de ces tragiques évènements, le père de Mme Cerret, Jules Travier, voyant le danger, est allé au milieu de l'après-midi chercher ses petits enfants à l'école, Marguerite 13 ans et André 9 ans ainsi que les enfants Auzilhon de la Baraque. Il les a conduits rue de la Croix, chez le boulanger Deleuze où ils ont passé la nuit.

 

Quant aux maquisards, qui avaient décroché, ils se sont réfugiés dans diverses fermes du secteur qu'ils connaissaient bien.

 

Walter Soulier, le 14 juin 2014.

 

 

Renseignements fournis par Marguerite Rouvière et Hélène Auzilhon pour la Baraque

 

 

 

 

M. Alain Renaux a réussi à prendre sur le vif, la rencontre très particulière de deux couleuvres à Ste Croix de Caderle. Il a immortalisé la scène en la photographiant et il nous a fait le très grand plaisir de nous faire parvenir ses clichés. J'y ai ajouté quelques commentaires destinés à leur donner une très modeste légende qui propose une hypothèse sur les raisons de ce drame. Bien entendu, si vous avez d'autres suggestions, le Grillon, ouvert à toutes les opinions, se fera un plaisir de les proposer à

 

Des couleuvres qui en voient de toutes les couleurs

 

C'est l'histoire d'une couleuvre d'Esculape qui rencontre une couleuvre de Montpellier du côté de Sainte-Croix de-Caderle. La rencontre est étonnante. Que venait faire une couleuvre de Montpellier à Ste-Croix-de-Caderle ? Comment a-t-elle pu remarquer une couleuvre d'Esculape dont la robe se distingue si peu de son environnement ? Toutes ces questions, vous vous les posez, mais nous ne pouvons pas y répondre.

 

Tout ce que nous savons, c'est qu'elles se sont bien rencontrées.

 

Qu'est-ce qu'elles se sont racontées ? Comme le dit la chanson, des histoires de couleuvres. Et puis vous savez ce que c'est, l'un dans l'autre, à force de se raconter des histoires, on sympathise.

 

Et parfois, c'est plus que de la sympathie, c'est carrément le coup de foudre. On imagine clairement leur dialogue :

 

- Oh, ma couleuvre de Montpellier que j'aime tes yeux proéminents et tes pupilles rondes, s'exclame la couleuvre d'Esculape.

 

- Oh, ma couleuvre d'Esculape, que j'aime tes yeux vides et tes pupilles rondes, lui répond la couleuvre de Montpellier.

 

Bien entendu, vous en déduisez, que le langage amoureux des couleuvres est peu varié. Elles auraient mieux fait de se susurrer :

 

- Oh ! Que j'aime ton teint brun verdâtre, ton ventre jaune uni...Ta taille d'une longueur exceptionnelle !

 

- Oh ! Que j'aime ta robe grisâtre, ta petite taille fine, ta souplesse et ton agilité.

 

Plus difficile encore, elles auraient pu pasticher Maurice Rollinat (1846-1903), le fameux poète reptilien :

 

- Oh Virgule ! J'aime ta lueur qui pleure sur l'herbe rase, dont la chaleur vibre du reflet de ton extase.

 

- Oh Pustule ! J'aime ta petite langue de flamme qui darde en ravissement les vibrations de ton âme. Je dénombre avec joie le nombre de tes vertèbres

 

Mais comme vous le savez les serpents maîtrisent mieux la reptation que le langage depuis que leur ancêtre eut la très mauvaise idée d'utiliser la ruse de la nudité (ou inversement) pour tenter la pauvre Isha. Qui est Isha ? Mais si, vous la connaissez ! Après cet épisode à la fois plaisant et douloureux, elle allait devenir la célèbre Eve, autrement dit la Vivante.

 

Les couleuvres, elles, restèrent plutôt silencieuses habituées depuis des millénaires à se nourrir de poussière. De poussière ? Pas seulement. Comme on le voit dans cette histoire, elles se nourrissent aussi d'amour.

  

Mais la folie amoureuse peut conduire à bien des errements. Il est même des moments où les êtres atteints disent et font n'importe quoi. Dans un sifflement abrupt, emportée par sa passion, la couleuvre de Montpellier réussit à émettre distinctement ces quelques mots si souvent prononcés dans toutes les langues et sur tous les continents : ˝je t'aime à t'en croquer˝ !

 

La couleuvre d'Esculape en entendant de tels propos devint toute chose car chez les serpents, il n'y a aucune différence entre l'intention et l'action. Aussitôt dit, aussitôt fait, zig zag gobée, la couleuvre de Montpellier l'avala, et dans son estomac la couleuvre d'Esculape passa. L'amour fusionnel devint cannibale, sans laisser de place pour des demi-mesures.

 

Bien sûr, avec le temps, la couleuvre de Montpellier regretta. D'autant plus que ce n'était pas la première fois. A force d'avaler des couleuvres, elle finit par ressentir un nœud à l'estomac.

 

Gérard Feldman

 

 

 

 

Le circaète Jean-le-blanc

 

Ce beau rapace vient d'arriver en France pour la saison de reproduction, les couples commencent à s'installer dans leur nid qu'ils retrouvent chaque année. Sa grande particularité est qu'il mange essentiellement des serpents !

 

Le circaète est un grand rapace que l'on reconnaît principalement grâce à sa couleur blanche (sous les ailes et sur le ventre) qui contraste avec une tête marron. Si vous avez la chance de le voir de plus près vous repèrerez ces deux yeux jaunes perçants !

 

Un oiseau eurasiatique

 

Il est présent dans toute l'Eurasie dans les milieux boisé (pour construire son nid) mais a besoin d'une grande quantité de prairies dégagées pour la chasse. En effet il chasse principalement des reptiles (gros lézards et serpents). Pour cela il a appris à voler sur place ce qui lui permet de surveiller la plaine jusqu'à avoir repérer une proie et alors de fondre dessus. Il s'attaque à tous les serpents mais n'est pas immunisé contre le venin, il doit donc faire preuve d'agilité et attraper le serpent de telle façon qu'il ne pourra pas le mordre (une patte au niveau de la tête ou du cou fait bien l'affaire mais il ne faut pas se rater!). Des chercheurs se sont amusés à suivre pendant toute la saison de reproduction quelques couples et ont estimés qu'un couple avec un poussin consommait pendant la saison de reproduction 700 à 800 serpents avec un maximum de 1500.

 

J'ai dis un couple et son poussin parce que le couple ne fait qu'un poussin par an.

 

Un oiseau migrateur et fidèle

 

Laissez moi repartir du début. En mars les oiseaux arrivent en France après avoir passé l'hiver en Afrique au sud du Sahara. La majorité passe par Gibraltar, lieu très réputé pour l'observation de la migration puis par les Pyrénées, d'autres pour gagner du temps tentent une petite traversée marine (par la Sicile ou l'Est de l'Espagne). En arrivant en France le couple uni pour la vie se retrouve, parade et cherche à remettre en état le nid qu'ils avaient construit quelques années auparavant. Ce nid constitué de branchettes est assez bas dans un arbre et mesure 1m de diamètre sur 30cm d'épaisseur, il faut donc trouver un arbre relativement solide pour supporter le poids du nid et des oiseaux. Entre début avril et mi mai un unique œuf est pondu dans le nid, la femelle entame ensuite seule la couvaison pendant 45 jours. Si l'oeuf est détruit, une ponte de remplacement est possible. Le jeune restera au nid pendant 70 à 80 jours et restera avec ses parents pendant un mois pour apprendre à voler, chasser. Il est ensuite temps de retourner en Afrique, le jeune se débrouille alors seul.

 

Des jeunes curieux et débrouillards

 

Notre jeune circaète devra attendre 2 ou 3 ans pour pouvoir se reproduire mais à priori il viendra quand même tous les ans en Europe pour visiter, commencer à chercher des territoires libres et pourquoi pas un autre circaète pour former un couple...

 

Le circaète est une espèce bien protégée car il a subit une forte régression suite à l'intensification des pratiques agricoles qui lui laisse moins de plaine de chasse où il pourra trouver des serpents. Il est très sensible au nid donc si jamais vous trouvez un nid il est important de ne pas les déranger !

 

Je vous laisse donc essayer de le repérer et de l'identifier, bonne chance !

 

Victor Cazalis

Midi-Libre
Midi-Libre du 9 janvier 2014

La châtaigneraie cévenole en danger ? Le projet E.ON

 

On associe inévitablement " Châtaigneraie " et " Cévennes " dans un raisonnement identitaire d'ordre historique, culturel et émotionnel. Imagine-t-on les Cévennes sans châtaigniers ?

 

Et pourtant de grandes surfaces de châtaigniers ont déjà disparu de manière massive à l'époque où les usines à tanins s'approvisionnaient en arbres auprès des propriétaires pour répondre aux besoins des tanneries. Bien d'autres hectares de châtaigneraies ont disparu discrètement, et plus récemment, en l'absence d'exploitation, et même d'entretien, quand elles ont été remplacées par des plantations de résineux subventionnées par le Fonds forestier national. Mais une région, fût-elle celle des Cévennes, n'est pas un " être " supra-naturel identique à l'idée immuable qu'on se fait de lui au cours des temps... Les Cévennes ont changé, celle de la fin du XIXe siècle ne ressemblaient pas à celles d'aujourd'hui, où la couverture forestière a énormément augmenté, les rendant plus proche du paysage de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe.

 

La châtaigneraie aujourd'hui

 

La châtaigneraie n'est plus la ressource vitale (bois d'oeuvre et de chauffage, fruits, champignons, chasse, pâturages sous son couvert etc.) qu'elle fut longtemps. Restent les quelques châtaigneraies-vergers encore entretenues et valorisées : il y en a, heureusement, et il ne s'agit pas de les exploiter pour l'énergie-bois. Mais elles sont une minorité. Les autres se divisent en deux catégories : les châtaigneraies qui sont sur des versants relativement frais, ombreux et sur terrain assez profond, qui réussissent par leurs propres ressources, et quasi sans entretien, à perdurer, mais qui vieillissent sans qu'une régénération naturelle se fasse. Les autres, qui vont du dégradé au périclitant, en raison des maladies et des parasites, voient dépérir leurs arbres année après année. Alors oui, cette châtaigneraie-là est en danger ! Mais a-t-elle plus à perdre ou à gagner à être exploitée ? Voilà la question !

 

Si on exclut l'option extrême qui voudrait que les ressources naturelles ne doivent pas être exploitées par définition, un seul facteur peut enclencher un processus de valorisation de la châtaigneraie : des débouchés économiquement viables selon la qualité du bois et la facilité d'exploitation. N'oublions pas – tout de même ! - qu'un châtaignier coupé produit des rejets, et que ceux-ci deviennent des arbres à leur tour (cf. " Cahier pratique : votre châtaigneraie ", savoir-faire d'hier et d'aujourd'hui, éd. Parc national des Cévennes)1.

 

Des débouchés il y en a actuellement, mais peu, car le châtaignier cévenol n'est guère valorisable en bois d'oeuvre : à peine 10 000 m3 par an 2. La société Bois-Énergie-Cévennes-Languedoc à Tamaris, par contre, va fournir à la centrale à biomasse de la Ville d’Alès 5 600 tonnes de bois local par an, dont une partie de châtaigniers.

 

Un projet de grande envergure : la centrale E.ON de Gardannes

 

Or, un projet d'une toute autre envergure émerge depuis 2010 avec la centrale E.ON de Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui se reconvertit du charbon au bois-énergie. Elle va utiliser 800 000 et 1 000 000 de tonnes de biomasse dont 80% de bois soit 311 000 tonnes de bois par an à récolter entre les régions PACA, Rhône-Alpes et Languedoc Roussillon !

 

Pour ou contre ?

 

Plusieurs réunions d'information ont déjà eu lieu sur le sujet, notamment à Saint-Hippolyte du Fort (le 25 mars 2013) pour définir les zones d'approvisionnement prioritaires, faire un diagnostic-état des lieux de la zone Cévennes et un appel à initiatives et investissements, auprès des acteurs de la filière. Pendant l'été des réponses à cet appel ont été reçues par E.ON qui va procéder d'ici la fin de l'année, avec un collège consultatif, à une sélection des projets. La société se charge de chercher des cofinanceurs et propose de mettre à disposition des matériels spécifiques aux conditions d'exploitation propres aux Cévennes.

 

Les forestiers privés 3 évaluent le volume du bois de châtaignier sur pied en Cévennes à environ

3 800 000 de m3 (50 à 300 m3/ha) et son accroissement en volume annuel entre 100 000 et 120 000 m3 : des taillis (bouscas), qui ne sont plus exploités depuis 50, 60, 70 ans et qui ont vieilli. Ils estiment qu'il y a urgence à les régénérer, c'est-à-dire à les exploiter, pour repartir sur de jeunes rejets et des semis naturels qui donneront des arbres de futaie (francs-pieds).

 

E.ON s'engage à faire récolter seulement 30 à 40 000 m3/an de bois de châtaigniers, ce qui représente environ 150 à 200 ha exploités par an. L’impact visuel est donc limité dans le temps mais seulement à condition qu'il y ait un suivi de l'exploitation et que la dynamique végétale (ronces, fougères, genêts, arbustes, épineux, engendrant sangliers et risques d'incendie !) soit maîtrisée pendant cette dizaine d'années pendant laquelle les châtaigniers vont grandir ce qui, à l'échelle humaine, n'est pas négligeable.

 

 

Dans le Viganais, des communautés de communes ont répondu à l’appel d’offre lancé par la société E.ON. Des élus EELV 4 comme Eric Doulcier (maire du Vigan et conseiller général) soutiennent la démarche. Le samedi 21 septembre 2013, à l'occasion du Salon du bois du Vigan, une conférence intitulée « E.ON en Pays Viganais, un moyen de régénérer nos forêts » a fait salle comble. Mais par ailleurs d'autres voix écologistes dénoncent le gigantisme du projet. Ils contestent la fausse perspective de développement durable avec les transports de bois jusqu'à Gardanne, le CO2 dégagé au passage, le risque d’aboutir à une exploitation anarchique de la châtaigneraie et à une détérioration paysagère impactant le développement du tourisme vert. Reste à savoir si La charte forestière négociée sur le territoire du " Pays Cévennes " permettra justement d’exploiter la forêt sans porter atteinte au patrimoine sur pied et en ne prélevant que dans la part qui s’accroit annuellement.

 

Il n'est pas facile de se faire une opinion sur la question, qui comporte évidemment des risques. Mais l'immobilisme n'en comporte-t-il pas aussi ? Et qu'en pensent les élus de la Communauté de commune Causse-Aigoual-Cévennes ?

 

Michelle Sabatier

L’église saint-Pierre de Lasalle et ses peintures sur plâtres (photos JC Wolles)

 

La construction de l’église décidée en juin 1686 est terminée en 1687. Le bâtiment à une longueur de 30 mètres et une largeur de 13 mètres, sa hauteur est de 19,30 mètres. Son plan est rectangulaire, mais la partie du chœur est en hémicycle. A l’intérieur le chœur est sous voûte de demi-coupole et la nef comporte trois chapelles de chaque côté séparées par des contreforts qui supportent la voûte à trois croisées à arêtes saillantes. Ces voûtes n’existaient pas lors de la construction. Aucune archive n’indique de travaux sur l’église avant 1837, date à laquelle on sait qu’il y a eu une restauration de la toiture effectuée par un maçon de Lasalle, monsieur François Ravès dit Michel. En 2007, en refaisant entièrement le toit, il a été découvert sur le clocher l’inscription suivante : « RAVES, 2 maçons et un manœuvre ont refait le toit en 1837.» Le campanile porte aussi la date de 1837, il est possible que la cloche était endommagée, car en 1857 un acte de bénédiction de la cloche indique qu’elle a été refondue au moyen des offrandes et souscription des fidèles et baptisée sous le nom de Marie. Elle pèse 300 kilos.

On sait aussi, d’après un document destiné à l’évêché de Nîmes, que ce François Ravès dit Michel a construit les voûtes en briques probablement en même temps que la réfection du toit. Il fit aussi de nombreux autres travaux dans l’église : construction de la tribune et percée des deux fenêtres au dessus, pose de pavés sur le sol et reconstruction de la sacristie, qui était trop petite, sombre et humide, la surélevant d’un étage. Décédé en 1864 à l’âge de 77 ans, le curé Dayre lui rends ce témoignage sur le registre des sépultures : « Ce digne chrétien, sans enfants, jouissant d'une petite fortune gagnée à la sueur de son front a voulu avant de mourir faire construire des ses propres deniers les tribunes de l'Église qui lui coutent deux mille cent francs. Il a lui-même dirigé toute chose et à peine ces tribunes étaient-elles terminées qu'il a été recevoir de son Dieu la récompense de cette bonne œuvre et d'une vie franchement catholique. »

 

L’intérieur de l’église est entièrement décoré de peintures. Il ne s’agit pas vraiment de « fresques » mais de peintures sur plâtre ; elles ont été exécutées entre 1864 et 1870. C’est un artisan plâtrier nommé Joseph Zaffreya qui les a peintes, à la demande du curé Jean-Pierre Dayre, en s’inspirant de l’ornementation que Hippolyte Flandrin (peintre célèbre pour ses peintures murales dans différentes églises de Paris) venait de terminer dans la toute nouvelle église Saint Paul à Nîmes. Joseph Zaffreya était né vers 1800 à Piémonte en Italie du nord où sa famille, semble-t-il, avait quelques biens dans des villages alentours. On ne sait pas exactement quand il s’installa à Lasalle mais il s’y maria en 1832 avec Thérèse Guérin, et est cité comme étant propriétaire dans ce village ; il eut plusieurs enfants dont certains moururent en bas âge. Une descendante de cette famille réside toujours à Lasalle.

 

La décoration de l’église, d’un style un peu naïf, est surchargée de symboles dont voici quelques explications.

 

Le Christ, au centre de la coupole du chœur, est assis sur une cathèdre ou un trône, il s’agit d’un Christ en majesté ; cette représentation est de tradition orientale, c’est le « Christ Pancrator » pour les orthodoxes, il est l’image à lui seul les trois personnes de la sainte Trinité.

 

A sa droite (c’est-à-dire à gauche pour le spectateur) se trouve saint Pierre, premier apôtre et premier chef de l’Église, il porte dans sa main droite une clef car lui est donné d’ouvrir le passage entre la terre et les Cieux, et dans sa main gauche un parchemin : l’évangile qu’il est chargé de transmettre. De l’autre côté, saint Paul portant le même parchemin dans sa main droite et dans sa main gauche une épée, symbole de la puissance de sa parole (noter que Saint Paul n’était pas gaucher, sans doute l’artiste a-t-il voulu respecter une symétrie avec l’image de saint Pierre ?).

 

De chaque côtés de l’autel sont représenté, par leurs emblèmes traditionnels, les quatre évangélistes : à gauche Saint Matthieu en homme (son évangile commence par le généalogie de Jésus) et Saint Luc en taureau (pour le sacrifice offert au temple de Jérusalem, qui débute son évangile) et à droite saint Jean en aigle (car son évangile atteint les sommets de la doctrine chrétienne comme l’aigle vole au sommet des montagnes) et saint Marc en lion (son évangile débute par « la voie qui crie dans le désert »… tel le rugissement du fauve.

 

D’autres symboles sont présents de chaque coté du chœur : la vigne avec ses grappes de raisin, citée de nombreuses fois aussi bien dans l’ancien que le nouveau testament. On y voit aussi des phénix, qui ne sont pas vraiment des images traditionnelles chrétiennes, mais que l’on trouve parfois dans quelques églises du XIX siècle, ils représenteraient la pérennité de l’Église : le phénix, oiseau légendaire qui renait sans cesse de ses cendres, symbolisant ainsi les cycles de mort et de résurrection.

 

L’autel est une dalle de marbre simple posée sur deux piliers. Au fond du chœur a été conservé l’ancien autel, il est de style renaissance avec un tabernacle remarquable. Cet autel appartenait à l'Église des Cordeliers de St Paul à Nîmes. Il n'est à Lasalle que depuis la construction de la nouvelle Église de St Paul.

 

L'Église a des boiseries tout autour du chœur et de la nef, sur une hauteur de 2 mètres 40. Les boiseries du chœur sont en bois de châtaigner, les autres en bois du nord. Elles sont divisées en panneaux carrés, revêtues d'une très bonne peinture à l'huile imitation bois, celles du chœur étaient encadrés de filets or, ceux-ci ont complètement disparus avec le temps.

 

Au sommet de la voûte du chœur il y a deux médaillons, l’un montre les clefs de saint Pierre et l’autre le château symbole de Lasalle. Sur la l’arc qui sépare le chœur de la première travée de la nef de l’église est représenté vers la gauche le triangle portant le tétragramme YHWH en caractères hébraïques (le nom imprononçable de Dieu) et plus bas dans un cercle sur fond d’or la colombe symbole traditionnel de l’Esprit Saint. Vers la droite, l’agneau du sacrifice reposant sur le livre aux sept sceaux décrit dans l’Apocalypse de saint Jean ; en bas, sur fond or, le pélican nourrissant ses petits de son sang, il symbolise le Christ se sacrifiant pour la rédemption des hommes (une légende de moyen âge dit qu’un pélican se serait percé la poitrine pour nourrir ses petits de son sang). Sur la face de l’arc est inscrit en latin la phrase tirée de l’évangile ˝ Tu es Petrus et super hanc petram edificabo eclesiam meam  » (Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirais mon église. Matthieu 16-18.)

 

La voûte centrale de la nef, de couleur ivoire, est constellée de petites croix de malte, elle est divisée en trois croisées dont les arêtes saillantes sont soulignées de bleu bordé d’un feston rouge. Sur chaque croisée des arêtes il y a un médaillon représentant, sur la première le blason de Nîmes (un crocodile enchainé à un palmier entouré de l’inscription latine COL MEN pour colonia nemosensis : colonie Nîmoise), sur la seconde, les clefs de saint Pierre, et sur la troisième le blason de Lasalle : de gueules (rouge) au château d’or.

 

Les chapelles sont au nombre de trois de chaque côté, le long de la nef. Du côté de l'Épitre (côté droit) saint Joseph, saint Louis, la troisième en dessous des tribunes n’est pas désignée. Du coté de l'Évangile (côté gauche) sainte Vierge, saint François de Sales et, sous les tribunes, le bureau de Monsieur le curé. Toutes les chapelles sont couvertes d’une voûte céleste bleue parsemées d’étoiles blanches. Les deux plus proches du chœur ont en outre une alcôve abritant une statue.

 

Dans la première travée à partir du chœur la chapelle de la Vierge Marie abrite dans son alcôve la statue d’une Vierge Miraculeuse. Les peintures, assez pâles, sont une répétition de motifs décoratifs. L’autel est simple, en pierre de Pompignan, surmonté d’une statue de la Vierge de Lourdes. Un cartouche peint au dessus de l’autel porte en son centre l’initiale de Marie. Sur l’arc de la voûte est inscrit en latin : « Marie de qui Jésus est né ».

 

La chapelle de saint Joseph, son époux, fait face à celle de la Vierge. Une alcôve abrite sa statue. L’autel est identique à celui de la chapelle de la Vierge Marie et le cartouche peint au-dessus présente les outils rappelant son métier de charpentier. L’inscription latine de l’arc de la voûte fait suite à celle de la chapelle de la vierge : « qui est son fils adopté par Joseph ».

 

Les vitraux de ces deux chapelles, comme ceux du chœur et ceux des tribunes, sont du 19ème siècle, en verre de couleur, avec des motifs peints sur les parties de verre non coloré, sont nommées communément grisailles.

 

La chapelle de saint François de Sales, à gauche de la deuxième travée, à été transformée dans la seconde moitié du 20ème siècle pour inclure le confessionnal à l’emplacement d’une ancienne porte donnant sur l’extérieur. On y voit deux statues, celle de saint Pierre au centre et celle du saint curé d’Ars. Au dessus du vitrail représentant saint François de Sales. En haut, une tête de mort qui est à mettre en relation avec la phrase écrite au dessus : « il est sanctifiant d’honorer les défunts par la prière ». Sur le mur de gauche on voit un cimetière avec deux tombes et sur le mur de un agneau revêtu d’une peau de loup et surmonté d’une croix dont le symbolisme troublant est difficile à interpréter.

 

Sur la droite en face est la chapelle de saint Louis, roi de France, représenté sur le vitrail. Deux plaques commémoratives pour les paroissiens morts pendant la guerre de 1914/18 ont été apposées par Henri Damon, curé de la paroisse de 1907 à 1922. La chapelle sert actuellement de fonts baptismaux. On y voit sur les murs les représentations des instruments de la Passion du Christ, fouet, lances, couronne d’épines, croix, marteau et clous. Deux statues y sont installées : sainte Thérèse de Lisieux, entre les plaques des morts de la guerre, et sainte Jeanne d’Ars sur le mur de gauche. La phrase inscrite sur l’arc supérieur est : « salut, admirable Cœur de Jésus ».

 

La dernière travée, celle de l’entrée dans l’église, est presque entièrement occupée par la tribune, soutenue par quatre colonnes imposantes en marbre, et sous laquelle se trouvent maintenant le tambour d’entrée et à gauche le bureau de Monsieur le curé. Ces installations sont en aluminium anodisé brun foncé et en verre et ont été réalisées en 2012 et 2013 grâce à l’Association d’Education populaire et au dévouement de son président Jean-Charles Martin. Sur le coté droit se trouve l’escalier qui conduit à la tribune. Hormis les voûtes supérieures, il n’y a plus de décorations sur les murs de cette travée. Il reste cependant une statue de saint Antoine de Padoue à côté de l’escalier de la tribune. Ce saint, très populaire, est souvent invoqué afin de retrouver des objets perdus.

 

Sur le devant des voûtes latérales de la tribune sont les blasons de deux évêques : à droite celui de Monseigneur Claude Henri Plantier, évêques de Nîmes de 1855 à 1875, avec sa devise en latin : « doux comme le miel, fort comme le lion ». A gauche celui de Monseigneur François Nicolas Besson, évêques de Nîmes de 1875 à 1888, dont la devise est : « en toi Seigneur, je mets mon espérance ».

 

Les fresques, puisque c’est le nom habituel que l’on donne maintenant à ces peintures, ont été faites à la colle sur un enduit neuf, sauf celles du sanctuaire qui sont à l'huile sur trois couches d'huile cuite. Elles avaient subies au fil du temps de nombreuses dégradations et ont dû certainement être nettoyées ou restaurées à diverses reprises. La plus ancienne trace de restauration connue date de 1991 et a été exécutée par Madame Job. Des travaux effectués à l’extérieur de l’église, au début des années 1990, avaient gravement endommagé les peintures, surtout sur le coté gauche du chœur ; l’humidité provoquée par ces travaux avait aussi porté préjudice à l’ensemble de l’église. L’association d’Education Populaire, qui gère l’entretien et les travaux dans l’église depuis sa création en 1946, prend en charge la remise en état complète de toutes les fresques. En 2007 la restauration des fresques du chœur est réalisée grâce au talent de Madame Diega Benica, artiste plasticienne, et est terminée en décembre. Madame Diega Benica reprend les travaux en février 2008 pour la première travée, comprenant la chapelle de la Vierge et de saint Joseph. Le reste des peintures attendra 2013 pour être entièrement terminé entre juin et juillet, toujours avec le même talent de Madame Diega aBenica.

 

François Harvey

Le Geai des Chêne et la Pie bavarde

 

Nous poursuivons notre série sur les 76 espèces d'oiseaux que l'on peut trouver dans le canton de Lasalle.

 

De la même famille que les corbeaux et corneilles, le geai et la pie sont des oiseaux communs mais pleins d’originalité ! La famille des corvidés rassemble les pies, corneilles, choucas, corbeaux, geais, cassenoix… Au total en France ce sont plus de dix espèces de cette famille qui sont présentes. Ce sont des oiseaux réputés pour être dotés d’une grande intelligence mise en évidence principalement par des expériences en captivité mais on peut en profiter également en les observant dans la nature.

 

La pie bavarde

Commençons par la pie bavarde. Bien que noire et blanche à premier abord, prenez le temps de regarder ses reflets métalliques un jour de beau soleil! Son nom reflète son côté jacasseur qui est plutôt déplaisant quand on l’observe le matin à côté de la fenêtre. Mais quand elle n’est pas occupée à crier elle passe beaucoup de temps à se nourrir. Elle a un régime alimentaire très diversifié allant des tiques qu’elle prélève directement sur le dos du bétail jusqu’aux petits rongeurs en passant par les oeufs d’oiseaux, les insectes et les graines. Comme le geai elle stocke parfois sa nourriture dans des trous qu’elle rebouche pour venir les rechercher quelques jours après.

 

Les couples de pies sont très fidèles, les deux adultes vont construire un nid constitué d’une coupelle de boue et de mousse encadrée par une infrastructure en branchages. Le tout forme une boule avec deux entrées ; les poussins sont donc camouflés et protégés par cette cage en bois. La construction du nid prend 5 à 6 semaines et les parents sont très appliqués ! Ensuite la femelle s’occupe seule de la couvaison pendant trois semaines, nourrie par le mâle. Les poussins s’envoleront à l’âge d’un mois et la famille restera groupée jusqu’à l’automne.

 

C’est un oiseau caractériel, les prédateurs même si ils sont gros ne font pas peur aux parents qui se font un plaisir de les chasser.

 

Le geai

Le geai est un oiseau plus coloré que la pie. D’un plumage dominé par du chamois il est surtout doté de très belles plumes bleu-azur et noires sur les ailes. Son cri n’est pas non plus des plus agréable, il est très rauque et effrayant ! Mais ne vous y méprenez pas ce n’est pas parce qu’il n’est pas capable de faire mieux. Le geai fait partie des grands imitateurs, il peut imiter toutes sortes de sons notamment des chants ou cris d’autres oiseaux. Nombreux sont les ornithologues qui se font berner par un geai imitant un autre oiseau. Plus surprenant ils peuvent imiter les sons de tronçonneuse, voiture et même en captivité ils peuvent apprendre à dire quelques mots.

 

Il s'appelle le geai des chênes parce qu’il a une forte affinité pour les glands. Il en mange beaucoup pendant l’hiver et fait même des réserves de la même façon que les écureuils. En automne il fait donc de nombreux allers retours pour cacher des grosses quantités de glands sous terre à plusieurs endroits qu’il viendra chercher lors d’hivers rudes. Mais beaucoup de glands sont oubliés sous terre, les geais sont donc très importants dans la dissémination des chênes !

 

Sa reproduction est sur la même base que celle des pies à la différence que le nid est moins élaboré chez le geai : il est constitué d’une simple coupelle en brindilles et mousse.

 

Victor Cazalis

Pigeons bisets
Pigeons bisets
Tourterelle turque
Tourterelle turque

Les pigeons et tourterelles

 

Ces grands roucouleurs sont connus de tous mais malheureusement pour eux ils sont devenus des insultes, notamment « espèce de pigeon » qui signifie que la personne est bête. Pourtant sa stratégie de séduction est très développée, il est cousin du pigeon migrateur... Pas de quoi en faire une insulte à priori ?

 

La tourterelle turque.

 

Drôle d'histoire que celle de ce drôle d'oiseau. Il fait partie des plus communs aujourd'hui mais il n'était pas présent en France, il y a seulement 50 ans. Dans les années 50 et 60, il a colonisé la France en s'adaptant à tous les milieux. Cette tourterelle est maintenant surtout présente dans les villes et villages. Elle s'est tellement bien adaptée que dans certaines villes elle se reproduit tout au long de l'année en se moquant des saisons ! C'est une reine de l'adaptation rapide.

Plus en plaine (autour de St Hippolyte notamment), on peut observer la Tourterelle des bois qui est nettement plus discrète mais plus colorée, c'est une belle rencontre à faire.

 

Les pigeons

 

Le plus célèbre est sans doute le pigeon migrateur. C'était une espèce américaine abondante dans les années 1800 : lors de ses migrations, on observait des vols de plusieurs milliards d'individus qui couvraient tout le bleu du ciel pendant deux jours ! Elle a été décrétée nuisible et a donc été allègrement chassée. On raconte que certaines parties de chasses permettaient d'abattre plus de 30 000 oiseaux en une journée. Le dernier pigeon migrateur est mort dans un zoo en 1914.

 

Chez nous le pigeon ramier (appelé palombe) est aussi chassé mais avec plus de modération. Il est surtout chassé pendant sa migration car il passe en groupe sur les col; il suffit de se cacher un peu puis de viser dans le tas. Il a été classé comme nuisible dans le Gard ce n'est donc pas un tort de le chasser. Une curiosité à méditer cependant : pourquoi la plupart des actions de chasse se font-elles sur des migrateurs ?

 

On reconnaît le pigeon ramier à ses deux barres blanches sur les ailes très nettes en vol. Il niche haut dans un arbre en construisant un nid fait de branchages.

 

Le pigeon biset domestique est abondant dans les villes. Il est à l'origine un oiseau nichant en falaise. Il s'est très bien adapté à la ville et vient très facilement vous voir à la terrasse d'un bistrot. Bien que très embêtant en ville à cause des salissures qu'il engendre il est très intéressant de par son comportement. Tout d'abord c'est le meilleur pour roucouler. Sa parade amoureuse est très amusante, le mâle gonfle le poitrail, roucoule et tourne autour de la femelle qui généralement ne s'y intéresse pas pendant quelques minutes et continue de chercher à manger. Mais, si le mâle est beau, elle tombe sous le charme. Pour nourrir les jeunes et éviter des centaines d'aller retour, le pigeon se nourrit et stocke la nourriture dans son jabot qu'on peut considérer comme le premier estomac des oiseaux, juste avant le gésier. La digestion va commencer et l'adulte va régurgiter directement dans le bec de son oisillon un liquide très riche appelé ˝lait de pigeon˝. C'est également cet oiseau qui est utilisé en colombophilie : les pigeons sont habitués à rentrer dans leur pigeonnier en étant lâchés de plus en plus loin. Ils savent retrouver leur route grâce au soleil et au champ magnétique. Ils ont donc beaucoup aidé à comprendre comment se passe la migration des oiseaux.

 

J'espère avoir réussi à vous montrer que les pigeons et tourterelles n'étaient pas des oiseaux stupides et inintéressants.

Pour ceux qu'une balade ornithologique à Lasalle le vendredi 16 août matin, contactez moi : victor.cazalis@laposte.net

 

Victor Cazalis

Le milan noir et la buse variable

 

Ces deux rapaces sont des oiseaux communs à Lasalle mais sont souvent confondus. J’espère que cet article vous aidera à les reconnaitre.

 

Pour reconnaitre ces rapaces il faut surtout se fier à la silhouette. Comme vous pouvez le remarquer sur les photos, la buse a des ailes larges (l’avant et l’arrière sont bombés) tandis que le milan a des ailes fines en forme de faux. La queue est très reconnaissable chez le milan. Elle est coupé en “V”, mais attention s'il étale sa queue elle peut paraître coupée droite. La buse quant à elle a une queue bien arrondie.

 

On peut aussi regarder les couleurs si l’oiseau est assez près. Le milan noir a un plumage uni d'un brun foncé. La buse quant à elle a un plumage moins homogène avec souvent de grosses taches blanches sous les ailes et des plumes striées de noir. Mais comme son nom l'indique son plumage est variable, on peut donc trouver des oiseaux de la même espèce avec des plumages très différents.

 

Ces deux rapaces ne sont pas très craintifs, on les voit souvent tourner au dessus de la route ou des villages, ils peuvent se poser proche de la route et se contenter de regarder les voitures passer... Mais en revanche leur nid est bien caché au sommet d’un arbre dans une forêt dense. Les rapaces sont très sensibles au dérangement au nid, il faut y faire attention. Dans ce nid se trouvent 2 à 4 oeufs qui vont être couvés pendant un mois puis les jeunes seront nourris au nid pendant un mois et demi et s’envoleront. Ils seront encore aidés par leurs parents le temps d’apprendre à chasser et partirons en exploration.

 

Le milan noir est charognard comme les vautours : il se nourrit d’animaux morts notamment de poissons. Il a donc un rôle écologique et sanitaire très important puisqu’il nettoie partout où les vautours ne passent pas souvent comme chez nous! La buse elle est chasseuse même si elle saura profiter d’une carcasse de hérisson écrasé en bord de route. Elle chasse principalement des petits rongeurs, pour cela elle aime se percher sur un piquet pour surveiller les champs aux alentours. Il lui arrive également de chasser en volant en cercle, on estime que la buse est le rapace ayant la vue la plus perçante.

 

En hiver l’identification est plus facile puisque tous les milans noirs sont en Afrique. La buse en revanche reste en France, les oiseaux plus nordiques sont migrateurs mais ceux du sud sont sédentaires. La buse est très fidèle à son compagnon et au lieu, le même couple garde le même territoire d’une année sur l’autre.

Victor Cazalis

 

Les rougequeues

 

Deux espèces de rougequeues nichent à Lasalle : le Rougequeue noir et le Rougequeue à front blanc.

Ces deux espèces sont dépendantes des hommes, elles nichent toutes les deux dans des trous de maisons de préférence. Elles peuvent également construire leur nid dans la forêt mais le confort et la protection d’une maison sont bien plus intéressant s. La femelle s’occupe seule d’une bonne partie de la nidification. C’est elle qui construit le nid et qui couve les œufs toute seule. Pendant ce temps le mâle chante ! Il protège le territoire et surveille que la femelle n’ait pas d’ennuis, il chasse vigoureusement tous les intrus.

Ce sont des insectivores, on le remarque à leur bec fin, ils aiment bien chasser dans des endroits ouverts. Il leur arrive souvent de se percher sur un piquet à la façon d’une buse et de fondre sur sa proie au moment opportun. Cela a pour but de pouvoir chercher des proies mais surtout d’être à l’abri des prédateurs.

Les femelles de ces deux espèces ont un plumage très proche marron foncé assez uniforme avec la queue rouge-orange. Par contre les mâles sont différents : le rougequeue noir a un plumage uni noir avec la queue orange et un peu de blanc sur les ailes alors que le rougequeue à front blanc a un ventre orange éclatant qui le rend magnifique.

Il y a quelques années certains observateurs ont remarqué des couples de Rougequeue noir de deux femelles… Encore plus étrange ces deux femelles ont réussi à avoir des poussins. Après quelques observations il s’est avéré qu’un des deux été un mâle « travesti ». Il a exactement le plumage d’une femelle mais a le comportement et l’anatomie d’un mâle. Ces mâles sont arrivés à se reproduire car ils ne sont pas en concurrence avec les autres mâles qui ne soupçonnent pas l’existence de ces tricheurs. Il est donc assez courant maintenant d’observer des couples de deux « femelles ».

Le Rougequeue à front blanc est un oiseau magnifique. Il est migrateur donc vous n’en verrez aucun en hiver, ils partent tous au sud du Sahara ! Mais au printemps et en été vous pouvez facilement en entendre chanter ou les voir. Ils sont assez facile à voir entre la rue basse et les plaines, munissez vous d’une paire de jumelles et regardez les oiseaux sur les toits et sur les fils électriques, vous devriez le trouver !

Victor Cazalis

Le nom des arbres

Derrière les façades " urbaines " des villages des Cévennes se cachent nombre de parcs plantés d'arbres dont certains très impressionnants par leur allure majestueuse (le " Grand cèdre " de Lasalle par exemple : plus de 50 m de haut et 6 m de circonférence). Mais, sauf pour les espèces les plus communes, nous ne savons bien souvent pas quels sont leurs noms. Au fait : comment donne-t-on un nom à un arbre ?

 

Le nom scientifique des arbres, comme celui de tous les êtres vivants, se compose de deux éléments, un substantif que l’on écrit toujours avec une majuscule et qui désigne le genre auquel appartient l’espèce, suivi d’un adjectif propre à celle-ci qui prend une minuscule.

Telle est la nomenclature binaire qui fut établie par le législateur du règne végétal, l’illustre botaniste suédois Carl Linné (1707 – 1778). Exemple : Cedrus libani.

 

Ainsi, une même plante est elle connue sous le même nom dans tous les pays.

 

L’habitude, l’histoire ou les légendes ont donné aux plantes un nom vernaculaire, c’est à dire local, qui change parfois selon les régions. Mais beaucoup d’entre elles n’ont pas d’autre nom que leur nom botanique : Rhododendron, Camellia, Araucaria, etc.

 

Le nom d’espèce fournit généralement des indications précieuses ; il se rapporte par exemple à l’origine géographique : Cedrus libani (Cèdre du Liban), Cryptomeria japonica (espèce originaire du Japon), Acer monspessulanum (Erable de Montpellier), etc.

 

Certains noms spécifiques évoquent le botaniste qui a découvert l’espèce ou l’a introduite en culture : Acer davidii (Erable du Père David), Euvonynus fortunei (de Robert Fortune), etc…

Plus souvent, les épithètes spécifiques soulignent une des caractéristiques grâce à laquelle l’espèce se distingue des autres espèces appartenant au même genre. Par exemple : Tilia cordata (car les feuilles de ce tilleul sont en forme de cœur), Cladastris lutea (à bois jaune).

 

Parfois, on fait référence :

 

à la forme de la fleur : Davidia involucrata (en raison de l’involucre que forment les deux bractées blanches autour de la fleur) ;

 

à la nature des fruits : Cydonia oblonga dont les fruits (coings) sont oblongs ;

 

à la qualité du bois : Pinus ponderos (le bois est lourd).

 

Quant au nom de genre, il est aussi significatif. Les dénominations traditionnelles remontent presque toujours à l’Antiquité gréco-latine : Pinus, Quercus, Cedrus, Platanus, etc…étaient déjà employées par les latins et beaucoup d’entre elles avaient été empruntées au grec.

 

 

Extrait de l'article "Le nom des arbres " par Roland-Marie MARCERON à retrouver dans le Grillon du mois de septembre 2013

 

 

 

Nimes, illustre et secrête

Le 3 juillet dernier, le ˝ Club Cévenol ˝ et les ˝ Amis de la bibliothèque ˝ se sont associés pour offrir aux lasallois une belle conférence sur la ville de Nîmes, telle que peu de gens l'ont vue.

 

"Nîmes illustre et secrète", l'ouvrage (photo) édité par les Editions Alcide, a donné l'occasion à ses auteurs de sensibiliser le public cévenol à la qualité du patrimoine historique nîmois.

 

Camille Penchinat, l'illustratrice, a rendu sensible le rôle révélateur du regard artistique, qui dévoile les ambiances, les couleurs, les détails cachés, les points de vue improbables... Francine Cabane et Danièle Jean, les deux historiennes, anciennes professeurs d'histoire-géographie, ont souligné l'importance de rendre sensible auprès des jeunes le passé sur lequel ils peuvent construire leur personnalité et une culture informée à la portée de chacun.

 

La précision et la variété de leur approche de Nîmes était remarquable mais difficile à rendre en quelque lignes. Signalons toutefois, au-delà de la Nîmes romaine, l'histoire de la création et du développement de la ville, dont un véritable "quartier cévenol" au nord, correspondant à une population ouvrière.  La cinquantaine de personnes qui s'étaient déplacée au Temple a vivement apprécié la conférence, témoignant par son nombre de l'intérêt de réunir les forces des associations (ici l'Association des Amis de la bibliothèque et le Club cévenol) pour drainer un public assez nombreux pour justifier la présence d'un conférencier. C'est une démarche que les Amis de la bibliothèque souhaitent renouveler avec d'autres associations lasalloises qui voudraient bien s'y prêter.

 

M.S.

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 Vu dans " l'Echo des Cévennes": le tome II de Fous des Cévennes" occupe la 5è place des meilleures ventes régionales selon le palmarès établi par la librairie                         Coularou 

     de Saint Hppolyte du Fort !                          (février 2015)

 

 

   

 

    


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